Pour rendre leurs soirées moins ordinaires, de plus en plus d’adultes se prêtent aux jeux de rôles, vecteurs d’épanouissement. Infiltration au cœur d’une « mortelle soirée » toulousaine.
Isaaura, 22 ans, a surpris son ami Julien en l’invitant à cette soirée. « Il me dit toujours qu’il est plus doué que « Les Experts » (ndlr : une série télévisée). C’est l’occasion de le prouver ! » Pour Nicolas et Morgane, 23 ans, l’habitude est prise. « C’est la troisième fois qu’on participe. On était venus en février puis au printemps. C’est sympa, on passe un bon moment. Et on peut rencontrer du monde. » Ils ont même converti leurs amis, puisque sept autres convives les accompagnent à leur table. Dommage pour eux, la partie les obligera à la scission. Les groupes d’enquêteurs ne peuvent excéder cinq personnes.
Retomber en enfance
Philippe, comédien, trépigne d’impatience à l’idée d’endosser le rôle du témoin oculaire.« Je me suis préparé en apprenant toutes les données par cœur. Ensuite, j’improvise en fonction des questions que me posent les équipes. C’est très drôle de voir à quel point certaines personnes y croient, jusqu’à en oublier que c’est un jeu. » Gabriel, traducteur, a été séduit par l’aspect ludique du concept. « J’aimais beaucoup le Cluedo quand j’étais gamin alors quand ma copine m’a parlé de cette soirée, j’ai été tout de suite intéressé. »
Les deux heures de recherches touchent à leur fin sans que les candidats ne s’en soient aperçus. Seule la moitié a trouvé le coupable. Une jeune femme fait semblant d’étriper son compagnon : « Je le savais ! ». Les « caves du cassoulet » empochent les polars promis aux vainqueurs. Les autres, frustrés d’avoir perdu mais satisfaits de s’être approchés de la vérité, repartent conquis. Pascal Martin, l’auteur, est assailli de questions. La complexité du scénario en a étonné plus d’un. Il faut dire qu’entre chausse-trappes et fausses pistes, résoudre le mystère n’est pas chose aisée.
La pluie s’est interrompue. Dans la froideur de la nuit, les ombres des enquêteurs se dissipent. Le crime de Paulo Esposito n’est pas resté impuni. Affaire classée.





