Aujourd’hui, des manifestations ont lieu partout en Italie (ainsi qu’à Paris, Londres et Sydney) pour réclamer la démission du président du conseil italien. Le « berlusconisme » de la société italienne dans la culture, les médias ou la justice sera donc dénoncé lors de discours et de concerts. La conception du mouvement est originale mais pas inédite. C’est une poignée de blogueurs se réclamant hors partis qui a lancé sur internet l’idée d’une grande journée contre Berlusconi. Ils l’ont ensuite postée sur Facebook. Le site de réseau social et ses 350 millions d’utilisateurs de part le monde ont fait le reste. Les organisateurs attendent 350 000 personnes en Italie pour le « No Berlusconi Day » dit NBD.
Ce n’est pas la première fois que Facebook est utilisé pour propager l’information. Des invitations sont lancées pour à peu près tout. Exemple en mai dernier. Quelques étudiants homosexuels décident d’organiser un kiss-in anti-homophobie à Paris. Cette manifestation a pour but de réunir des couples pour qu’ils s’embrassent au même moment sous le regard des passants. Médiatisé par la blogosphère gay et organisé via Facebook, un autre kiss-in a déjà eu lieu en septembre. Le prochain rendez-vous du type contre l’homophobie aura lieu dans 26 villes de France le 12 décembre prochain, et déjà 3000 personnes ont rejoint le groupe Facebook. La plupart des happenings emprunte ainsi le site internet pour communiquer une information ou organiser un évènement.
Citoyen version 2.0
Très réactif, le réseau social virtuel se positionne en alternative aux médias professionnels. De nombreux groupes se créent suite à une information récente. Ainsi, face aux mauvais résultats du club de foot nantais, plus de 1000 personnes sont « Pour que le Père Nöel nous redonne un FC Nantes ». 85 000 personnes sont membres du groupe : « Je suis plus diplômé que Jean Sarkozy » et 120 000 internautes sont fans de « La main de Thierry Henry ».
Le site web ne sert pas qu’à garder contact avec des amis, il est aussi un espace d’expression et un lieu de convergence. L’humour n’étant jamais bien loin (et pas toujours de bon goût), les groupes fleurissent. Il en existe 127 qui réclament la démission de Raymond Domenech (allant de plusieurs milliers à une poignée de membres) et un « Pour que Louis Sarkozy [dernier fils du président, ndlr] soit nommé à la tête du FMI dès son entrée en 6ème ! ». Pour certains (14 000 personnes), « Tony Musulin : il a fui, il a tout compris », pour d’autres, il est « un héros moderne », ou bien encore « plus fort que Tony Montana ». Mais depuis que le convoyeur-braqueur s’est rendu à la police, sur Facebook on se demande : « pourquoi tu t’es rendu ? », « mais où sont les deux millions ? » Peu de chance pour que les réponses viennent de Facebook.





