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Prier ou travailler, il faut s'accorder

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A défaut de pouvoir prier sur leur lieu de travail, les musulmans se retrouvent dans une mosquée de fortune, sur un parking de la périphérie de Toulouse.

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Interdits de prier au bureau, les fidèles préfèrent laisser leurs chaussures à l'entrée de cettte mosquée improvisée. (Photo D. R.)
Basso Combo, terminus de la ligne A du métro. La mosquée El-Hoseine est installée sur un grand parking, coincée entre un magasin discount et un garage automobile. Le bâtiment se confond avec le ciel grisâtre d’un début d’hiver à Toulouse. Quelques hommes sont en train de se laver les mains, les pieds et le visage dans les sanitaires en préfabriqué. C’est le rituel des ablutions avant la prière « du milieu ». Il est 13 h et tous attendent l’arrivée de l’Imam Mahmoud pour prononcer le La Ilaha Illa Allah ( « Il n’y a de dieu que Dieu »). Sous la grande toile de tente qui protège l’entrée de la mosquée, les chaussures sont entreposées sur des étagères de fortune, au milieu de tapis d’Orient roulés. À ce moment-là, Amri, barbe noire et djellaba grise, lance un accueillant « Bienvenue chez nous ! ». Dix minutes plus tard, la petite centaine de fidèles sort déjà de la prière et se rechausse.

Mehdi, 25 ans, né en Algérie, confie : « J’ai travaillé dans une société de livraison où je n’avais pas de temps de prière accordé. Le patron m’a mis des bâtons dans les roues en m’obligeant à travailler même le vendredi – jour le plus important de l’Islam. » Une fois par semaine donc, la mosquée accueille jusqu’à 2500 pratiquants, hommes et femmes confondus. Entre deux Inch’Allah, Samir, 21 ans, d’origine marocaine raconte : « Je travaille chez France Télécom à Colomiers, et je fais deux prières sur les cinq quotidiennes au bureau, dans la salle des visites médicales. » Samir a trouvé un consensus car « c’est déduit de [son] temps de pause. » Mehdi, dans sa djellaba beige, quant à lui, a dû quitter son entreprise car le jour de l’Aïd ne lui était pas accordé, et il s'est « arrangé avec [son] patron pour être licencié. » Alors que la plupart sont déjà partis sous la pluie, Amri s’arrête et explique : « Je travaille sur les marchés et mon patron ne me laisse pas faire la prière. » Dans un français approximatif, il constate tristement que « finalement, c’est toujours le patron qui décide. »

Manon Bricaire et Blandine Hugonnet
 

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