Interdits de prier au bureau, les fidèles préfèrent laisser leurs chaussures à l'entrée de cettte mosquée improvisée. (Photo D. R.)
Mehdi, 25 ans, né en Algérie, confie : « J’ai travaillé dans une société de livraison où je n’avais pas de temps de prière accordé. Le patron m’a mis des bâtons dans les roues en m’obligeant à travailler même le vendredi – jour le plus important de l’Islam. » Une fois par semaine donc, la mosquée accueille jusqu’à 2500 pratiquants, hommes et femmes confondus. Entre deux Inch’Allah, Samir, 21 ans, d’origine marocaine raconte : « Je travaille chez France Télécom à Colomiers, et je fais deux prières sur les cinq quotidiennes au bureau, dans la salle des visites médicales. » Samir a trouvé un consensus car « c’est déduit de [son] temps de pause. » Mehdi, dans sa djellaba beige, quant à lui, a dû quitter son entreprise car le jour de l’Aïd ne lui était pas accordé, et il s'est « arrangé avec [son] patron pour être licencié. » Alors que la plupart sont déjà partis sous la pluie, Amri s’arrête et explique : « Je travaille sur les marchés et mon patron ne me laisse pas faire la prière. » Dans un français approximatif, il constate tristement que « finalement, c’est toujours le patron qui décide. »
Manon Bricaire et Blandine Hugonnet




