Critique, Didier Zerbib ne quitterait pourtant pour rien au monde la CGT. (Photo Pierre Duquesne)
Le secrétaire national de la CGT, Bernard Thibaut, veut en faire un interlocuteur crédible, respectable et écouté des dirigeants patronaux, en signant par exemple l’accord des régimes spéciaux de retraites. Délégué syndical de Freescale, Didier Zerbib craint pour sa part de voir le rôle de contrepouvoir du syndicat quelque peu dissous. « La lutte des classes, ça ne veut pas rien dire. Les intérêts des salariés ne sont pas ceux des employeurs. En 20 ans, chez Freescale, les salariés ont accepté des licenciements sous pretexte qu’elle était la meilleure solution économique pour sauver des emplois. Après deux vagues de licenciements, aujourd’hui, on supprime 800 emplois. »
Autre ligne de fracture avec la direction, les revendications avancées lors des cinq semaines de grèves, « trop politiquement incorrectes ». Comme les Contis, « les salariés ne voulaient pas sauver leurs emplois, ce qu’ils voulaient, c’est du pognon ».
Nombre trop faible de syndiqués
Mais la critique s’arrête là. Les services juridiques ont toujours été là, tout comme la fédération des métallos qui a fait une caisse de grève pour les soutenir. Même retenue du côté d’Elvidia Arnaud. Cette militante CGT-EDF regrette parfois le manque de convergence entre les mouvements, mais reconnaît que le congrès et ses rencontres « permettent de comprendre que ce n’est pas si facile ».
Critiques ou pas, tous s’accordent sur un point : le problème de la syndicalisation. « On confond trop agitation et militantisme, conclut Henri Pagès de la puissante fédération des cheminots de Midi-Pyrenees. La CGT n’est pas trop molle, elle est en phase avec le nombre des syndiqués. Comment voulez-vous peser avec 15 % de participation à un mouvement ? »




