200 salariés sur les 570 de l'entreprise informatique Akka étaient en grève hier lundi. (Photo Yann Foreix)
Depuis les années 2000, boom de l’informatique, la profession est à l’abri des difficultés que subissent d’autres secteurs. « Ils gagnent tous entre 1600 et 2600 euros net par mois ici. L’informatique est un métier où on ne fait pas grève d’habitude ! », explique Franck Laborderie.
Bernard Bousquet, représentant CFDT chez Akka, confirme : « Cela fait 21 ans que je travaille ici. Je n’ai jamais fait grève. Ce premier coup de semonce envers les dirigeants d’Akka est exceptionnel. »
Réunis autour des deux représentants syndicaux de l’entreprise, ces grévistes exceptionnels semblent presque gênés d’être réunis. « D’ailleurs, peu d’entre eux sont syndiqués », rappelle Marie-José Davrainville, représentante FO. « Le rôle des syndicats, auparavant, peu visible par les salariés, est devenu important », explique Franck Laborderie. « Nous avions manifesté en mars cette année mais c’était un cadre général », se rappelle une informaticienne. Aujourd’hui, ils ont franchi le pas. « Ce n’est pas l’habitude de la maison mais nous sommes poussés à l’extrême », confie Bernard Bousquet.
La face cachée des revendications
Du côté des revendications officielles, les salariés d’Akka revendiquent une hausse de leurs salaires de 2%, au lieu des 0,25 % proposés par l’entreprise. Ils dénoncent aussi la remise en cause des 35 heures et la suppression de certaines RTT, notamment concernant les temps partiels choisis. « Ces postes sont principalement occupés par des mères de familles. Les salariés d’Akka sont très attachés à cette population au sein de l’entreprise », explique Bernard Bousquet. La direction d’Akka n’a pas souhaité s’exprimer.
Côté officieux, ce n’est pas le même discours. Les salariés sont unanimes lorsqu’ils évoquent leur peur grandissante d’être licenciés. Une salariée évoque « la peur de perdre son emploi » face aux pressions économiques exercées par les entreprises clientes. « Nous voulons arrêter la centaine de licenciements sauvages que connaît notre entreprise depuis un an. »
Pour les syndicalistes, le problème est global : « Nous sommes en contact avec les syndicats dans d’autres entreprises de services, précise Bernard Bousquet. L’objectif est aussi d’unifier le mouvement avec eux. »
Franck Laborderie, secrétaire général au Comité d’entreprise d’Akka. « Lorsque les salariés ont terminé leur première mission, l’entreprise les paye en attendant leur nouvelle mission. C’est ce laps de temps qui coûte cher à l’entreprise. Pour se débarrasser facilement des salariés, l’entreprise propose des postes à Paris, Strasbourg… incompatibles avec une vie de famille. Si le salarié refuse, l’avertissement est à la clef, donc le licenciement au bout du deuxième. L’un de nos collègues est dans cette situation. Il a été fortement incité par la société à prendre des congés payés. Les médecins du travail sont formels. Beaucoup de salariés souffrent aujourd’hui de fragilités psychologiques importantes. » |



« Lorsque les salariés ont terminé leur première mission, l’entreprise les paye en attendant leur nouvelle mission. C’est ce laps de temps qui coûte cher à l’entreprise. Pour se débarrasser facilement des salariés, l’entreprise propose des postes à Paris, Strasbourg… incompatibles avec une vie de famille. Si le salarié refuse, l’avertissement est à la clef, donc le licenciement au bout du deuxième. L’un de nos collègues est dans cette situation. Il a été fortement incité par la société à prendre des congés payés. Les médecins du travail sont formels. Beaucoup de salariés souffrent aujourd’hui de fragilités psychologiques importantes. »
