Pour vacciner les Français, le ministère de la Santé a réquisitionné les étudiants en médecine et en soins infirmiers. Ces derniers dénoncent les conséquences de ces réquisitions sur leur travail et leurs études.
30 millions de personnes vaccinées contre la grippe A d’ici fin février : c’est l’objectif fixé par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. La machine infernale est en route. La bataille a déjà fait une victime : Philippe Coste, directeur départemental des Affaires sanitaires et sociales en Ile-de-France. Il a été muté pour « dysfonctionnements » au niveau des horaires d’ouverture des centres de vaccination.
La ministre a décidé de mettre tous ses soldats sur le pied de guerre. Comme dans toutes les grandes batailles, les plus jeunes sont envoyés sur le front. En première ligne, les étudiants en médecine et les élèves infirmiers.
Mais l’arsenal a du mal à faire ses preuves. Ces réquisitions ont transformé les hôpitaux et les écoles en champs de bataille. « Les hôpitaux de Paris se retrouvent démunis de leurs internes », explique Paul Berveiller, vice-président du Syndicat des internes des hôpitaux de Paris. Seules les urgences, la pneumologie, la virologie et la réanimation sont épargnées par les réquisitions. « Nous sommes conscients que c’est un problème de santé publique. On est d’accord pour vacciner, mais le système de réquisition doit être organisé. Pour l’instant, c’est le chaos ! »
Risque d'amende
Et pas question pour les internes d’échapper aux vaccinations. « Les réquisitions priment sur tout. Si on n’y va pas, c’est 3 750 euros d’amende. »
Les réquisitions ne tiennent pas compte des emplois du temps des étudiants. Même après 24 heures de garde, un interne peut être réquisitionné. À Toulouse, les hôpitaux semblent épargnés par le problème. Cent internes piquent dans cinq centres de vaccination. « Nous sommes généralement avertis 24 à 48 h avant les réquisitions », explique Benoît Chapu, président de l’Association des internes de Toulouse.
Bien loin du sort de la capitale et de ses internes parfois appelés une heure à l’avance. « Il y a une différence d’organisation entre Paris et la province, où les choses semblent mieux organisées, souligne Paul Berveiller. À Nancy, aucun interne n’a été réquisitionné. »
Du côté des élèves infirmiers, l’organisation est aussi anarchique. Des étudiants se sont réunis vendredi devant le ministère de la Santé pour manifester leur mécontentement. Dans les Hauts-de-Seine, l’Institut formation soins infirmiers (Ifsi) Poincaré a fermé. « Pour l’instant, nous sommes réquisitionnés sur une base de 35 heures », explique Adelaïde, une étudiante.
L’Ifsi de Rangueil est resté ouvert, mais les étudiants piquent parfois pendant les cours. Leurs partiels de décembre ont été décalés en février. « Des examens ont été reportés et certains cours ont été annulés », explique Benjamin Chrétien, président de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI).
La FNESI souhaite avant tout que les formateurs ne soient pas réquisitionnés « pour que les cours puissent être maintenus. »
Pour enterrer la hache de guerre, Roselyne Bachelot a réuni mardi les professionnels de santé. Selon la ministre, les vacations devraient désormais être limitées à deux fois 4 heures par semaine. La rémunération s’élèvera à 14 euros pour les infirmiers et 33 euros pour les internes. Le montant doublera le week-end.
« Nous sommes assez confiants, souligne Benjamin Chrétien. La campagne de vaccination ne se fera pas sans nous. La ministre devra tenir ses promesses. On lui laisse trois ou quatre jours, pas plus. » L’armistice n’est pas encore signé.





Interne = médecin à part entière, praticien hospitalier en cours de preparation de thèse > bac +6.
Externe: étudiant en médecine en cours de preparation du concours national de médecine de 6eme année.
Les etudiants en médecine ne sont donc pas les internes, mais les externes.
Or on parle des etudiants infirmiers, des internes, mais absolument pas des externes!!
Or leur quotidien est loin detre agréable..
Il ne sagit non pas seulement d'examens et de cours annulés.. à ce stade, ce nest plus qu'un detail...
Mais d'un concours national en fin de 6eme année de medecine qui determine notre spécialité medicale ou chirurgicale et notre lieu d'exercice, un concours très difficile avec un rythme infernal à base de gardes de nuit de 24h enchainées au stage quotidien, la prepa jusqu'à 23h, les astreintes à l'hopital du week end ou nous avons un role actif, les concours blancs hebdomadaires, et les cours quotidiens. A tout cela se voient desormais ajoutés des plages de vaccination de 7h30 * 3 / semaine, à quel moment veut on qu'on puisse acquerir la somme de connaissances faramineuses nécessaire à la reussite du concours de 6eme année? les etudiants de medecine en fin de cursus etaient deja à bout, là ils sont plus qu'à fleur de peau... On nous fait croire à l'urgence sanitaire, seulement ceux requisitionnés ces derniers jours se sont vus vacciner 10 personnes en 8h de requisition.. on se sent persécutés, à base de menaces quotidiennes.. on dit amenager nos horaires, mais on nous fait passer le message que les requisitions sont prioritaires vis à vis de nos examens approchant à toute vitesse... !??
A cela sajoute le fait que, du fait de ces conditions de preparation de concours invivables, nous navons pas le temps dexprimer ces faits scandaleux, nous navons pas le temps, et nous sommes tristes, très tristes.
Tristes detre totalement dévoués à la médecine, tout comme les étudiants infirmiers, et de voir qu'au final, nous n'avons le droit qu'à des menaces et à une non prise en compte de notre quotidien dejà difficile...
Pourquoi requisitionner les etudiants de 5eme et 6eme année de médecine pour vacciner ou seulement remplir de la paperasse alors même quils sont en preparation du concours tres difficile de fin de cursus? pourquoi ne pas adapter les plages de vaccination à leur quotidien deja difficile? pourquoi ne pas prendre en compte les demandes des 2eme-3eme-4eme année de medecine qui sont volontaires pour vacciner gratuitement et se dévouent afin de soulager leurs ainés?
Ce nest pas la no-n-remuneration qui nous pose probleme, bien loin de là! (oui, car contrairement à ce qui a été dit, les etudiants infirmiers et en medecine = les EX-ternes ne sont pas remuneres en semaine car considérés en "obligation pedagogique"), en tant qu'etudiante en medecine, je serais la premiere à etre volontaire pour vacciner les francais, et ce, gratuitement, mais pas dans ces conditions, pas dans ces conditions ... De plus, vient s'ajouter à cela une organisation ou plutot une desorganisation complete, etant appelés à la derniere minute, nous navons pas de vacances car en preparation de concours daccord, mais prenez en compte notre quotidien avant de nous requisitionner aveuglément!
A cette desorganisation complete sajoute le fait que nous soyons requisitionnés jusqu'à 100 kms de notre domicile, jusqu'à deux heures de véhicule, véhicule que pour la plupart nous n'avons pas et que nous devons nous même nous procurer...
J'aime terriblement la médecine en tant qu'etudiante et y suis devouée, je vis pour la medecine depuis 6 ans, et à 6 mois du concours après toutes ces années, je suis pronfondement triste.
Triste de constater que la dévotion du personnel soignant infirmier et médical est exploitée et qu'on en vient à etre menacé. Il ne sagit pas d'une question de remuneration, la question du "don de soi" etant pratiquée largement au sein de nos professions. Mais de conditions d'exercice inacceptables.