Les syndicats réclament l’harmonisation des primes de risques versées aux convoyeurs de fond et aux dabistes. « Nous avons déjà été entendu sur la question des salaires mais les propositions pour les primes ne sont pas acceptables », explique Pascal Quiroga, responsable CFDT. Au cours de la dernière réunion entre les différents partenaires sociaux, le 2 décembre, la Fedesfi a proposé d’augmenter la prime de risques des dabistes à 110 euros par mois et à 233 euros pour les convoyeurs de fonds.
« Ces propositions ne prennent pas du tout en compte la dangerosité du métier de dabistes qui sont de plus en plus victimes d’agression à la voiture bélier, insiste Pascal Quigora. Depuis le début de l’année, on dénombre plus de cinquante attaques contre ces personnels. »
Si l’intersyndicale reconnaît que le contexte des fêtes de fin d’années est favorable à un revirement du patronat, elle se défend de vouloir prendre en otage la population. « C’est malheureux à dire, mais une grève comme celle-ci est plus efficace en décembre qu’en mai ou en juin », relève Luc Van den Driessche. Pour ce responsable de la CFE-CGC, solidaire du mouvement bien que ses adhérents « ne soient pas complètement touchés par ce problème », la grève est « le seul moyen de se faire entendre ».
Fort d’une unité sans faille, les syndicats misent également sur des désaccords au sein même de la Fedesfi. « La société Loomis n’est pas loin d’accepter nos propositions, révèle Pascal Quigora. Le blocage vient surtout de la Brink’s qui refuse de plier. »
Un écart injuste
A la Brink’s, dont le président, Patrick Lagarde dirige également la Fedesfi, on ne souhaite « ni démentir, ni confirmer » un possible revirement de Loomis. La société, qui gère plus de 20 % des 50000 DAB installés dans l’Hexagone, assure que la Fedesfi, « fait bloc » et « a déjà consenti un effort substantiel sur les salaires ».
Pour la Brink’s, il est « impossible d’harmoniser les primes, car cela reviendrait à une hausse de 325 % » de la prime des dabistes.
Mais comment justifier l’écart existant entre les différentes primes ? La Brink’s souligne que « les attaques dont sont victimes les convoyeurs peuvent être mortelles », comme ce fut le cas en 2008 et insiste sur les efforts réalisés pour sécuriser cette profession.
Un argument qui ne convainc pas les syndicats : « Il faut être très courageux pour exercer le métier de dabiste, relève Pascal Quigora. On nous dit que ce n’est pas en harmonisant les primes qu’on va réduire les risques. Ce que nous demandons nous, c’est la reconnaissance du travail qui est effectué. »
Une nouvelle réunion doit avoir lieu le 17 décembre au ministère des transports.




