«Ah, la sexualité, c’est plus pour moi. » Les yeux de Pierre se plissent avec délice quand on lui demande s’il s’adonne encore aux plaisirs de la chair. « Après 65 ans, la libido retombe… », s’amuse ce vieux gentleman de 88 ans, aussi raide dans son costume que dans son fauteuil. Dans la petite maison de retraite du Clos des Carmes, les idylles unissant les aïeux sont plutôt rares.Mais on se livre parfois aux plaisirs des sens dans l’intimité des hospices. Peut-être le dernier tabou en matière de sexualité. « Récemment des employés ont surpris deux résidents en pleine action, raconte la psychologue Dorothée Demauret. Le personnel était gêné d’avoir pénétré leur intimité. Les plus choqués, ce sont souvent les proches. » «Concevoir la vie sexuelle des ses parents n’est pas évident, alors imaginer celle ses grands parents… », commente Paul Schourick, directeur de la résidence Marguerite, un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du nord toulousain.
Les rencontres, les disputes, les unions et donc les ruptures sont le lot quotidien de cette communauté. « Ici c’est leur maison, nous devons respecter leur intimité. L’important, c’est que l’EHPAD soit un lieu de vie. » Construite en 2000, cette structure comprend six chambres doubles. Mais il n’y a pas que des couples officiels et traditionnels. « Il y a quelques années, deux résidentes, des institutrices de la vieille école ont découvert leur homosexualité à plus de 70 ans. » Monsieur B., du deuxième étage, demandait, lui, à ne pas avoir son petit-déjeuner servi avant 9 h 30, trop occupé dans des plaisirs solitaires. «Nous devons l’accepter, explique le directeur. Vous avez une activité sexuelle. Pourquoi pas eux ? »
La prochaine révolution sexuelle ?
« Les maisons de retraites sont loin d’être des lieux de débauches. Et souvent, ça ne va pas plus loin qu’une amitié très profonde, avec échanges de baisers, explique l’infirmière Brigitte Lahraoui. Les plus crus, ce sont les alzeihmers, car leur maladie augmente la désinhibition. »
La libido des octogénaires devra de plus en plus être acceptée. En France, dans dix ans, ils seront près de deux millions. La génération baby boom, après avoir fait une révolution sexuelle fera-t-elle tomber ce tabou ? Raymonde s'en fout. « Si vous connaissez des jeunes hommes, je suis disponible… » Elle n’a plus toute sa tête, mais elle a encore le droit d’utiliser son corps comme elle l’entend.





Je suis moi-même infirmière en EHPAD et témoin de ces actes qui prouvent que les personnes vivent ... même si elles sont âgées !
Je suis consciente qu'il faut en parler et c'est vraiment très bien d'oser aborder ce sujet .
Encore merci de traduire ce qu'il est si difficile d'expliquer autour de nous !
Bonne continuation