Une centaine de Toulousains se sont embrassés ce samedi à Jean Jaurès pour lutter contre l’homophobie.
Audrey et Marie sont venues soutenir ceux qui ont du mal à s'assumer en public. (photo Cécile Jandau)
S’embrasser, une douce manière de manifester. Un coup de sifflet retentit. Pendant cinq minutes, couples homo ou hétéro expriment leur amour au grand jour. Lancé sur Facebook, le « kiss in » a pour but de banaliser les gestes amoureux des couples homosexuels. « Dans la rue, il y a toujours des regards persistants qui nous empêchent d’avoir des gestes affectueux. Le fait d’être plusieurs permet de s’assumer plus facilement », explique Romain Garelli, organisateur de la manifestation toulousaine.
Maëlle et Cindy, ensemble depuis deux ans, vivent cette discrimination au quotidien. « Il y a quelques semaines, j’ai porté plainte contre un type qui m’a insulté très violemment dans la rue parce que je me promenais avec mon amie », raconte Maëlle. Si elles sont là aujourd’hui, c’est parce que « c’est un geste fort, symbolique, sans être trop revendicatif », poursuit la jeune femme de 29 ans. En revanche, elle n’est pas convaincue par l’utilité de la Gaypride : « Pour certains, c’est le seul jour où ils voient des homos. Sur des chars, à poil, musique à fond. Je comprends qu’ensuite quand on demande le droit à l’adoption ou au mariage, ce ne soit pas évident ».
Pour un « kiss-in » quotidien
Les passants, gênés, sont nombreux à détourner le regard. « Ça ne me dérange pas qu’ils s’embrassent dans la rue, je m’en fiche », lâche Serge, la cinquantaine. Marie, l’air interloqué, pense que « chacun fait ce qu’il veut, mais je peux comprendre que ça puisse choquer les personnes âgées ».
Nathalie 38 ans, est célibataire et hétéro. Elle a tenu à apporter son soutien à l’opération. « Je lutte contre toutes les discriminations. J’ai beaucoup d’amis gays, et je ne comprends pas qu’on les rejette. C’est une démarche ancienne et politique. Pour moi, c’était important de venir. »Face au succès de l’opération, les organisateurs prévoient d’ores et déjà de renouveler l’opération. Dans les quartiers sensibles cette fois car « dans les campagnes et les banlieues, la discrimination est encore plus forte, explique Frédéric Pecharman, organisateur du « kiss-in ». Le but à terme est que le « kiss-in » soit quotidien, que les couples homos puissent s’embrasser publiquement et librement ».
Cécile Jandau et Marc Pédeau




