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Créer un peu, beaucoup, passionnément

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A 36 ans, Sandrine Lafarge crée des sacs à main sur mesure. Dans son atelier rue des Pharaons, la jeune femme met le cuir dans tous ses états. Elle conçoit avec ses clientes et dans la plus grande complicité, le sac à main « qui va bien ».

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(Photo Laura Philippon)
A quelques jours de Noël, Sandrine ne lâche plus ses cuirs. Plongée dans ses modèles, la jeune femme est en pleine réalisation. « Je n’ai pas beaucoup de temps, mais je ne sais pas dire non », précise-t-elle en s’asseyant derrière sa machine à coudre. Sandrine n’est pas du genre à se raconter mais les yeux rivés sur un modèle, colle et cuir en mains, elle se met à parler. « Cela fait sept ans que je tiens la boutique, rien ne m’y prédisposait », sourit cette Toulousaine. Difficile pourtant de croire au hasard. L’atelier ne manque pas de caractère. L’endroit est coloré, chaleureux, modèles et tissus s’y entassent.

Du secrétariat à la création

« Pourquoi les sacs à main ? Je ne sais pas. J’étais plutôt chaussures, se souvient-elle en rigolant. Quand j’ai ouvert le magasin, je portais le sac tout décrépi de ma grand-mère. » Un brin nostalgique, Sandrine raconte. « A l’époque, je voulais à tout prix un sac à main vert. J’ai parcouru toute la ville avec mon ami, impossible d’en trouver un. Il fallait faire quelque chose. » La jeune femme se met à dessiner le modèle idéal, puis son ami lui offre une petite machine à coudre. L’idée fait son chemin. « Je travaillais dans le secrétariat mais je voulais changer d’air. Une de mes amies avait fait une formation en maroquinerie, je me suis dit pourquoi pas ? » Sandrine découvre alors les machines, les outils, le cuir et son odeur enivrante. « C’est devenu une évidence », lâche-t-elle.

De la création à la fabrication, elle réalise des modèles uniques et conçoit le sac avec la cliente. « Un sac à main en dit long sur une personne, c’est un objet personnel qui est à l’image de celle qui le porte », explique la créatrice qui établit une complicité avec ses clientes. « Ce métier est fait de rencontres. Certaines personnes franchissent la porte avec une personnalité, une sensibilité, un lien se crée. » A la fin, Sandrine a presque du mal à laisser partir ses sacs. « Ce sont mes bébés ! »

Des projets plein la tête

Humaine et proche des gens, cette Toulousaine est aussi audacieuse et déterminée. « Il m’a fallu un minimum d’inconscience pour me lancer, sourit-elle. Quand j’ai ouvert, il y avait cinq sacs dans le magasin ! Impossible de prévoir la suite. » Au fil des mois pourtant, l’atelier d’Alexane, c’est son nom, se fait connaître. La clientèle devient fidèle, la créatrice s’épanouit et peaufine son style. « Alexane, c’est en l’honneur de mon arrière grand-mère. Je n’étais peut-être pas destinée à ce métier mais son univers m’a marqué. Elle portait de longs gants et s’habillait avec des robes de l’an 1900 ! »

Aujourd’hui maman d’une petite fille, la créatrice a encore des projets plein la tête. « J’aimerais avoir un plus grand atelier et y faire travailler des gens, espère-t-elle. Car ce métier ne doit pas se perdre. »


www.latelierdalexane.canalblog.com
 

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