(Photo Laura Philippon)
Du secrétariat à la création
« Pourquoi les sacs à main ? Je ne sais pas. J’étais plutôt chaussures, se souvient-elle en rigolant. Quand j’ai ouvert le magasin, je portais le sac tout décrépi de ma grand-mère. » Un brin nostalgique, Sandrine raconte. « A l’époque, je voulais à tout prix un sac à main vert. J’ai parcouru toute la ville avec mon ami, impossible d’en trouver un. Il fallait faire quelque chose. » La jeune femme se met à dessiner le modèle idéal, puis son ami lui offre une petite machine à coudre. L’idée fait son chemin. « Je travaillais dans le secrétariat mais je voulais changer d’air. Une de mes amies avait fait une formation en maroquinerie, je me suis dit pourquoi pas ? » Sandrine découvre alors les machines, les outils, le cuir et son odeur enivrante. « C’est devenu une évidence », lâche-t-elle.
De la création à la fabrication, elle réalise des modèles uniques et conçoit le sac avec la cliente. « Un sac à main en dit long sur une personne, c’est un objet personnel qui est à l’image de celle qui le porte », explique la créatrice qui établit une complicité avec ses clientes. « Ce métier est fait de rencontres. Certaines personnes franchissent la porte avec une personnalité, une sensibilité, un lien se crée. » A la fin, Sandrine a presque du mal à laisser partir ses sacs. « Ce sont mes bébés ! »
Des projets plein la tête
Humaine et proche des gens, cette Toulousaine est aussi audacieuse et déterminée. « Il m’a fallu un minimum d’inconscience pour me lancer, sourit-elle. Quand j’ai ouvert, il y avait cinq sacs dans le magasin ! Impossible de prévoir la suite. » Au fil des mois pourtant, l’atelier d’Alexane, c’est son nom, se fait connaître. La clientèle devient fidèle, la créatrice s’épanouit et peaufine son style. « Alexane, c’est en l’honneur de mon arrière grand-mère. Je n’étais peut-être pas destinée à ce métier mais son univers m’a marqué. Elle portait de longs gants et s’habillait avec des robes de l’an 1900 ! »
Aujourd’hui maman d’une petite fille, la créatrice a encore des projets plein la tête. « J’aimerais avoir un plus grand atelier et y faire travailler des gens, espère-t-elle. Car ce métier ne doit pas se perdre. »
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