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Les prostituées manifestent pour leurs droits

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Jeudi 17 décembre avait lieu la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe. A Toulouse, l’association Griselidis avait choisi la place du Capitole pour sensibiliser le public à ce phénomène.

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L'association Grisélidis milite depuis 10 ans à Toulouse pour les droits des prostituées. (Photo Jean-Paul Cohade)
Devant le Capitole, à quelques pas du stand du Collectif des droits des femmes- Midi-Pyrénées, sur le marché de Noël, Eva, Sonia et une demi-douzaine d'autres membres de l’association Grisélidis installent une banderole : « Non aux violences faites aux travailleuses du sexe. 
Pour cette Journée internationale contre les violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe, l’association de santé communautaire toulousaine, créée il y a dix ans, tente d’informer les passants sur les conditions de vie dont sont victimes les prostituées.
 
« Beaucoup de gens connaissent le 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, explique Eva. Mais personne ne connaît la date du 17 décembre. » La jeune femme, sociologue et salariée de l’association, milite pour l’accès aux droits sociaux et des conditions de travail décentes pour les prostituées. « Il y a des violences spécifiques à cette activité qui sont difficiles à faire reconnaître, poursuit Eva. On ne peut pas fermer les yeux sur ce dont sont victimes les prostituées en évoquant les « risques du métier ». Un viol reste un viol, quelle que soit la victime. »
Quelques mètres plus loin, Cathy*, elle aussi membre de Grisélidis, distribue des tracts aux passants. Par cette journée, la jeune femme espère « améliorer la visibilité des luttes et des revendications ». Souriante, elle ajoute : « Il est important de montrer que les travailleuses du sexe toulousaines sont toujours là et tiennent le trottoir. »

Le trottoir, justement, les prostituées en sont chassées par la loi sur la sécurité intérieure, qui pénalise le racolage actif et passif. « Le climat est vraiment hostile pour ces personnes. Il l’était déjà avant 2003 mais cette pression s’est accentuée depuis », relève Eva.
Violences sociales, institutionnelles et sexistes : Grisélidis multiplie les actions pour venir en aide aux prostituées. « Nous sommes présents aussi bien dans la rue que sur lnternet, poursuit la jeune femme. Nous avons un local et un bus pour faire des tournées la nuit et aller à la rencontre des personnes. C’est tout un travail de confiance qu’il faut mettre en place, car l’anonymat est quelque chose de très précieux qu’il faut savoir préserver. » Grâce à des équipes mixtes constituées de travailleurs sociaux et de personnes « issues du terrain », l’association est présente sur les forums qui existent sur la toile. « C’est un travail beaucoup plus long, car les prostituées qui travaillent grâce au web sont très souvent des personnes isolées. »

Ni sécurité sociale, ni retraite

A trois mois des prochaines Assises de la prostitution qui se tiendront au Sénat, en mars, Griselidis rappelle la nécessité de donner aux prostituées un statut qui les permettrait d’exercer leur activité dans des conditions décentes. « Il faut leur permettre de s’organiser de façon autonome, explique Sonia. Aujourd’hui, il est impossible pour deux prostituées de s’associer, de louer un appartement pour travailler. » Opposée à une réouverture des maisons closes, une idée « super capitaliste », cette infirmière, coordinatrice d’équipe au sein de l’association, insiste sur l’importance de permettre au plus vieux métier du monde de bénéficier des même avantages que ceux dont jouissent les autres professions. « Les prostituées n’ont pas droit à la sécu, ni à la retraite », rappelle Sonia.
Un discours qui remporte un écho auprès d’une partie des passants. Si beaucoup refusent le tract sans même savoir de quoi il s’agit, d’autres soutiennent les revendications, comme Loïc, étudiant. « C’est un métier comme un autre, relève le jeune homme. Le sujet est un peu «chaud » et on n’en parle pas assez. Mais les violences et les mauvaises conditions de travail, c’est un problème universel. » Un peu plus loin, une dame d’une cinquantaine d’années quitte la place du capitole, le tract à la main. « Je ne l’ai pas encore lu, je n’ai pas mes lunettes », confesse-t-elle. Avertie du contenu du tract, elle l’affirme sans détour : « Je suis solidaire des associations ! Ce n’est pas un métier facile, il faut se battre pour défendre ces personnes. »

* Le prénom a été modifié

Plus d’infos sur l’association sur www.griselidis.com

 

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