Les zombies font partie de notre imaginaire.
Pour la plupart sans originalité : les zombies sont en général crétins, agressifs et, surtout, très nombreux. Normal, puisqu'ils ont la capacité de « zombifier » un humain rien qu'en le mordant. Plus fort que la grippe A ?
Ces poncifs, Max Brooks les connaît bien. Dans Guide de survie en territoire zombie (éditions Calmann-Lévy), l'écrivain américain se base sur les clichés véhiculés par le cinéma pour décrire « la physiologie des zombies » ainsi que « les tactiques de défense les plus efficaces ». Oubliez crucifix et balles en argent : la meilleure façon de se débarrasser d'un mangeur de cerveau est de lui couper la tête.
Un refuge à toute épreuve
« Le Guide de survie est un ouvrage majeur. » Ce n'est pas l'éditeur qui affirme cela, mais un certain « LeRusse77 » sur un forum de discussion en ligne. De son vrai nom Alexandre, ce militaire carcassonnais a fait du guide de Max Brooks son livre de chevet. Mais pour lui, l'auteur reste trop « américano-centré » et oublie qu'en Europe, « nous avons la chance d'avoir un bon nombre de châteaux [...] impénétrables pour l'ennemi zombie. » La Cité de Carcassonne, qu'il « connaît par cœur », constituerait « un abri quasi-idéal […] après quelques aménagements ».
En bon stratège, le jeune homme a passé des mois à débattre de sa théorie avec ses amis d'Internet, véritables spécialistes des films d'horreur. Selon lui, il suffirait de « quelques mois » pour rendre à la Cité de Carcassonne sa vocation de place fortifiée. Premier chantier : « remettre en fonction le pont-levis. Si l'on dispose de moyens plus sérieux, on peut aussi recreuser les douves et reconstruire la Barbacane, un point avancé dans les murailles, proche du fleuve. »
Chaque détail compte. Il faudra en effet tenir la place pendant cinq ans, soit la durée de "vie" d'un zombie « car le climat relativement sec de l'Aude ralentit leur pourrissement. »
Pour garder le moral : des bouchons d'oreilles
Une fois les survivants barricadés, ils devront se nourrir par leurs propres moyens. Pour cela, « les lices, c'est-à-dire l'espace entre les deux murs, peuvent supporter des cultures et des bestiaux. » Sans oublier l'Aude qui coule tout près, « à condition de filtrer l'eau. »
Le plus urgent étant d'« établir des règles de vie strictes » pour éviter qu'un relâchement de discipline entraîne la perte de tous les survivants. « Il suffit d'un [ennemi] isolé ou d'une erreur humaine, et l'épidémie [de zombification] reprend. »
Comment maintenir le moral des troupes face à cette inquiétante perspective? Alexandre a trouvé une solution peu coûteuse : les bouchons d'oreilles. « Une fois une proie découverte, explique-t-il, les zombies émettent un gémissement en continu, qui [...] peut rendre des survivants assiégés complètement fous. »
Le bruit ou le manque d'espace. « Carcassonne compte environ 55000 habitants. La Cité n'en supporterait pas plus de 1500 en ses murs. » Il faudra peut-être « refuser du monde à l'entrée ».
Il va sans dire que les amis zombiphiles d'Alexandre seraient alors les premiers sur la liste d'attente. Après tout, ils le méritent bien.





