Alors que les meilleurs français n'étaient pas là, Julien Benneteau s'est offert le Masters de Toulouse en battant Arnaud Clément en finale. Il succède ainsi à Gilles Simon. Une bonne préparation pour celui qui a battu Federer et atteint son meilleur classement en 2009. Mickaël Llodra se classe lui troisième.
Enfin du très beau jeu ! L'affrontement entre Mickaël Llodra et Marc Gicquel n'était peut-être "que" la petite finale, mais ce fut assurément le meilleur match de la semaine. Deux joueurs en forme qui multiplient coups gagnants et beaux points, des échanges variés et disputés, une énergie communicative avec un public nombreux et dynamique.
Dans le premier set, les joueurs se rendent coup sur coup, sans réussir à prendre l'avantage sur le service adverse. Llodra a beau déployer son service-vollée ravageur de gaucher, et Gicquel se montrer offensif au service et en retour, les deux hommes n'arrivent pas à se procurer la moindre balle de break. Comme à son habitude, "Mika" fait le show : plusieurs points gagnés sur des amortis spectaculaires qui agacent Gicquel, communication avec le public ou usage un peu trop régulier et un peu trop longtemps des pauses serviette... Malgré tout, Marc Gicquel ne se déconcentre pas et persévère. Llodra réalise les coups les plus beaux et semble plus à l'aise, mais Gicquel reste à l'affut et ne lâche rien. A 6-5, il fait le break sur sa première occasion. Le set est en poche.
Dès lors, on croit voir le chemin de la victoire tout tracé pour Gicquel. A l'entame du deuxième set, il gagne son jeu de service de manière autoritaire. Alors qu'il lui avait fallu onze jeux pour trouver la clé et breaker Llodra au set précédent, le voilà qui obtient deux balles de break dès le deuxième jeu. En moins de dix minutes, voilà Gicquel qui mène 3-0.
Pourtant, Llodra n'a pas dit son dernier mot. Si la réussite semble avoir changé de camp, il tente toujours. Et revient au score en breakant son adversaire grâce, encore une fois, à son jeu vers l'avant. Le set est relancé. Plus tendu, Gicquel rate quelques points précieux qui l'empêchent de refaire le break. Les joueurs repartent dans un affrontement féroce au service jusqu'à 4-4. Puis, comme Gicquel au premier set, Llodra se procure et convertit une balle de break : 4-5. Le plus dur est fait : il remporte le set 6-4 sur son service.
Ce sera alors le super-tie break pour désigner lequel des deux hommes finira troisième du Masters France. Llodra prend l'avantage dès le début, et malgré les efforts de Gicquel, le conserve jusqu'à mener 9-6, trois balles de match à suivre. Gicquel sauve les deux premières sur son service, mais ne peut rien faire face à l'ace de Llodra, qui met fin à la rencontre 5-7, 6-4,10-8.
Julien Bennetteau - Arnaud Clément (7-6, 6-2) : Bennetteau sans faute
On a tendance à dire que l'enjeu tue le jeu. C'est peut-être ce qui s'est passé en fin d'après-midi pour la grande finale, entre deux joueurs invaincus. La partie commence pourtant bien puisque Julien Bennetteau fait le break dès le premier jeu sur sa quatrième opportunité. L'Aixois lui rend la pareille sur le service suivant, lui aussi sur sa quatrième balle de break, en profitant d'une double faute de Benneteau. 1-1, et on se dit alors que le match est lancé, d'autant que Clément poursuit sur un jeu blanc conclut par un ace. Ensuite, c'est plutôt un festival de fautes directes, malgré quelques beaux coups comme ce smash de Julien Bennetteau dans le septième jeu. Chacun conserve son service jusqu'au tie-break, et ce en dépit du faible pourcentage de première balle. Arnaud Clément rate une balle de set à 6-5, sur le service de son adversaire. On sent les deux joueurs un peu crispés dans cette rencontre. Et c'est finalement Arnaud Clément, qu'on sentait pourtant un peu plus serein qui rate totalement son tie-break. Il mène 2-1 mais Julien Bennetteau marque les six points suivants et remporte la première manche 7-6.
Le deuxième set est plus emballant. Le public, plus nombreux que les jours précédents, peut s'enthousiasmer pour de très jolis points. Bennetteau entame cette manche au service par un jeu blanc ponctué d'un cri rageur, symbole de sa détermination. Clément égalise juste derrière. Le troisième jeu offre aux spectateurs un point magnifique. Une succession de lobes, d'amorties et de volées remportée au courage par Bennetteau. Peut-être le tournant du match puisque le Bressan fera le break dans le jeu suivant pour mener 3-1. Un break confirmé dans la foulée. Arnaud Clément ne peut ensuite rien faire pour revenir à hauteur de Bennetteau qui conclut ce match sur son service. Victoire finale 7-6, 6-2 sous les applaudissements du public. Julien Bennetteau reçoit alors son trophée des mains de Jean Gachassin, président de la Fédération française de tennis.




