Juillet 2006. Un accident de moto sectionne la moelle épinière de Marine Husson, alors âgée de 21 ans. D'après les médecins, ses chances de recouvrer l'usage de ses jambes sont minces. La jeune femme à la vitalité débordante se bat pendant plus d'un an pour sortir de son fauteuil roulant.La douleur et la fatigue, elle a appris à les gérer. « Parfois je dois annuler les sorties prévues avec mes amis ou d'autres activités. Le plus difficile à vivre pour moi, c'est ça: quand le handicap passe avant les relations sociales. » Aujourd'hui, cette étudiante à la faculté d'étiopathie (thérapie manuelle) de Toulouse marche presque normalement. Bravant les conseils de ses médecins, elle ne prend sa béquille que « lorsque la fatigue est vraiment trop grande », confie-t-elle avec hardiesse.
Associer handicapés et personnes valides
Férue de basket et de gymnastique, après sa convalescence, Marine cherche un moyen de retrouver une activité physique à part entière. En juillet, elle crée l'association Cap Défi. L'objectif est de monter des projets sportifs associant valides et handicapés. Le raid est le premier. « Quand on est handicapé, on nous propose toujours du handisport. C'est très bien, mais je veux montrer qu'on peut sortir de ce cocon et se mélanger aux autres. Je veux ouvrir les portes aux gens qui se trouvent dans la même situation que moi », explique-t-elle.
Ce qui l'a séduite dans le 4L Trophy ? « Le côté non-traditionnel de l'événement, l'aventure humanitaire qu'il y a derrière, et les valeurs sportives fidèles à celle de notre association », s'enthousiasme la pilote en herbe. Épaulée par son copilote valide, Julien Laforgue, elle traversera les hauteurs de l'Atlas pour apporter du matériel scolaire aux enfants marocains. Des raisons plus personnelles la poussent également à relever le défi : « Si j'arrive à aller jusqu'au bout, les difficultés du quotidien seront plus faciles à gérer. »
Une volonté de fer
Marine s'est inscrite en secret à l'évènement pour ne pas soulever les inquiétudes de ses proches. Après un mois de négociations, l'organisation du rallye a plié devant sa volonté et a validé sa candidature. Elle prévoit un budget conséquent : entre 7 000 € et 8 000 €. « Il a fallu effectuer des aménagements spéciaux sur mon véhicule. Sièges plus confortables, embrayage moins dur et amortisseurs renforcés. »
Dans son entourage médical, seul son médecin traitant est au courant et la soutient. Elle préfère que son kinésithérapeute n'en ait pas vent... Sa famille, après avoir été réticente, s'est pleinement investie dans l'aventure.
En attendant la date fatidique, Marine sait qu'elle devra économiser ses forces pour partir dans les meilleures conditions possibles. Les 6 000 km à parcourir, dont 700 km sur pistes désertiques, ne font pas peur à cette battante. « Ça ne peut pas être pire que ce que j'ai déjà traversé. J'ai hâte d'avoir à gérer les petits tracas quotidiens du raid ! »





