Bousculés en début de match, les Toulousains ont dû attendre les dix dernières minutes de la rencontre pour s'assurer la victoire sur Perpignan. C'est une interception de son arrière Clément Poitrenaud qui offre au Stade toulousain un succès 22-11 qui replace le club à la 4e place et prive les Catalans du bonus défensif.
(Photo Paul Périé)
Dès l'entame du match, on sent que les Catalans n'ont pas fait le déplacement pour rien. Les nombreux repas des fêtes de fin d'année n'ont pas comblé l'appétit de victoire des Sang et Or. L'Usap multiplie les offensives et campe dans le camp toulousain. Par deux fois, c'est l'arrière Jérôme Porical qui s'illustre et franchit une ligne défensive des Rouge et Noir qui a du mal à rentrer dans le match. Sa deuxième percée, après six minutes, échoue à cinq mètres de la ligne d'en-but et se termine par un drop raté de l'ouvreur perpignanais Gavin Hume.
Au contraire des Catalans, les joueurs de la Ville rose ne manquent pas l'occasion de scorer sur leur première incursion dans le camp adverse. Suite à une touche toulousaine, les avants progressent, et, des 40 m, c'est David Skrela qui ajuste le drop et ouvre le score.
Mené contre le court du jeu, l'Usap repart à l'abordage du vaisseau toulousain sans pour autant trouver la faille. Indisciplinés, les Sang et Or sont même régulièrement sanctionnés, et Michalak en profite pour passer sa première pénalité à 41 mètres à gauche des poteaux. 6-0 à la 12e minute pour les locaux, alors que le ballon est essentiellement catalan.
Le jeu, haché par les nombreuses fautes des deux équipes, peine à enflammer le public d'un Stadium pourtant rempli. Côté Rouge et Noir, Skrela multiplie les chandelles judicieuses qui ont cependant du mal à illuminer le match. Ce seront finalement les supporters perpignanais, qui se font par ailleurs beaucoup entendre malgré leur infériorité numérique, qui auront les premiers l'occasion d'exulter. A la 18e minute, suite à une touche toulousaine récupérée par les joueurs de Jacques Brunel, les Usapistes multiplient les temps de jeu. Sur un dernier regroupement, le demi de mêlée Nicolas Durand lance son flanker Gerrie Britz petit côté. Essai accordé malgré un passage à vide à l'origine de l'action. Le score est de 6 à 5, Porical ayant manqué la transformation.
On espère alors que le match est lancé mais les fautes sont toujours là pour stopper les rares intentions de part et d'autre. Dix minutes avant le repos, Frédéric Michalak ajoute trois points, suite à un léger coup infligé par un Catalan. Une pénalité qui a pour effet de relancer la machine sang et or. Perpignan survole les débats en touche, le Stade toulousain ayant déjà perdu trois ballons sur ses propres lancers. Les champions de France ont le contrôle du ballon et sont même tout proche d'inscrire un essai sur une nouvelle inspiration de Porical qui tape à suivre mais se fait devancer par Médard qui tape en ballon mort. Sur l'action qui suit, les Sang et Or pilonnent mais se font sanctionner alors qu'ils ne sont qu'à deux mètres de la ligne. La mi-temps est sifflée deux minutes plus tard sur le score de 9 à 5 en faveur du Stade toulousain.
Poitrenaud opportuniste
Peu après la reprise, Jérôme Porical ramène les siens à un point grâce à sa deuxième pénalité du match. Pour le Stade, Clément Poitrenaud et Yves Donguy sont impeccables sous les chandelles adverses, et l'arrière toulousain tente même plusieurs relances pour réveiller son équipe, bougée par l'Usap. Les débats s'équilibrent ensuite sans que l'on est beaucoup d'occasions à se mettre sous la dent. Les Toulousains manquent même deux pénalités qui auraient pu sanctionner l'indiscipline catalane. Michalak puis Fritz, des 50 mètres, ratent tour à tour la cible. On en reste donc à 9-8 pour le Stade toulousain. A vingt minutes de la fin du match, les hommes de Brunel ont encore l'occasion de faire le hold-up parfait sur la pelouse du Stadium. Une nouvelle faute permet cependant à Michalak d'offrir quatre points d'avance à sa formation. Avantage de courte durée, Porical lui répondant deux minutes plus tard. 12-11 à un quart d'heure du coup de sifflet final.
On voit alors mal ce qui pourrait faire basculer le match dans un camp ou dans l'autre. Les joueurs de Guy Novès prennent alors le contrôle du jeu et Donguy est proche de l'essai sur une lumineuse passe au pied de Skrela. Ce n'est que partie remise. Sur l'action qui suit, Fritz tape par dessus la défense. Le deuxième ligne argentin Rimas Alvarez Kairelis récupère le ballon juste devant son en-but et veut le transmettre à son arrière Porical pour dégager. Las pour les Sang et Or, Clément Poitrenaud, qui a bien suivi, passe par là, intercepte et n'a plus qu'à filer entre les poteaux. Un essai de filou transformé par Michalak. 19-11 à la 72e minute et le match est alors plié. La fin de rencontre, totalement à l'avantage des locaux, permet à Skrela de rajouter trois points sur un nouveau drop. Score final 22-11.
Une victoire qui va permettre au Stade toulousain de préparer le déplacement à Bayonne sereinement. Les champions de France peuvent quant à eux nourrir quelques regrets de ne pas avoir ramené au moins un point de leur déplacement.
Paul Périé et Romain Lafitte
TOULOUSE 22-11 PERPIGNAN
Temps : pluvieux
Spectateurs : 33 000
Arbitre : M. Matheu
Toulouse : 1 essai Poitrenaud (72e) ; 3 pénalités Michalak (12e, 30e, 65e) ; 2 drops Skrela (8e, 77e).
Perpignan : 1 essai Britz (18e) ; 2 pénalités Porical (43e, 67e).
Toulouse : Poux (Human, MT), Servat, Lecouls (Johnson, MT) ; Millo-Chlusky, Maestri ; Lamboley (Bouilhou, 65e), Dusautoir (cap.) (Picamoles, 43e), Sowerby ; Michalak, Skrela ; Donguy (Bézy, 78e), Jauzion, Fritz (Clerc, 74e), Médard (Heymans, 63e) ; Poitrenaud.
Perpignan : Freshwater (Chobet, 74e), Guirado (Tincu, 63e), Mas (cap.) ; Olibeau, Tchale-Watchou ; Le Corvec (Alvarez Kairelis, 63e), Britz (Perez, MT), Tonita ; Durand (Cazenave, 76e), Hume ; Burger, Grandclaude (Mermoz, 45e), Marty (Meyer, 74e), Sid ; Porical.




