Luc Debehogne, 25 ans, est un musicien toulousain avide d’aventures musicales. De la poésie onirique des Ptits T’hommes, le groupe qui l’a révélé, au ska-jazz festif de son autre groupe TSF, il se produit les 8 et 9 janvier au théâtre Jules Julien dans une adaptation en musique des textes de Rimbaud. Portrait d’un artiste touche-à-tout, discret et humble, qui ne cesse de surprendre.
Sur scène, il semble évadé dans un autre monde. Le regard pénétré, la guitare serrée contre son torse dans un déambulement dont lui seul a le secret, le jeune homme au physique sérieux se lâche. Dans une totale communion avec les autres musiciens du groupe TSF, qui se produisait fin décembre au Brueghel à Toulouse, il absorbe l’énergie du groupe et la frénésie du public. Le ska-jazz de TSF, qui emprunte beaucoup au reggae et à la musique africaine, est enjoué, débridé, déluré et décomplexé. Pas de paroles, juste des mélodies festives portées par la chaleur des cuivres, une contrebasse, deux guitares, une batterie et quelques onomatopées. Un micmac original, vrai régal pour les oreilles, pur moment de voyage musical. 
Rien à voir avec la poésie sensible des Ptits T’hommes, groupe mené par un autre Toulousain, Manu Galure, et dont Luc Debehogne est le co-fondateur. Dans ce quintette, la folie est plus douce, le voyage plus paisible. Luc s’évade ici par les textes, des « contes », fruits d’anecdotes, de réflexions sur la vie et d’expériences. La musique aux accents reggae, souvent discrète, vient accentuer les caractéristiques tour à tour étranges, oniriques ou fantaisistes des histoires. Coup de cœur du gérant du Bijou en 2004, qui les a aidé à se lancer, les Ptits T’hommes se taillent un joli succès dans les festivals, et ont sorti en 2009 un deuxième album.
Le goût des expériences musicalesDeux gro
upes, deux façettes pour un musicien atypique. Né en Belgique où il a vécu jusqu’à ses six ans, Luc a grandi dans l’émulation de la musique. Comme ses six frères et sœurs d’une famille recomposée, il a rapidement eu un instrument dans les mains : la guitare. Touche-à-tout, il s’est aussi essayé à la clarinette et au piano. Derrière sa réserve, ce qui peut s’apparenter à de la timidité se révèle davantage être une forme de sérénité, une confiance en soi dénuée d’égocentrisme. Discret, de caractère calme, l’homme est bien capable de coups de sang mais il n’est pas un artiste extravagant. Il s’évade dans la musique mais garde les pieds sur terre. Organisé, consciencieux, Luc aime son appartement bien rangé et son agenda correctement mis à jour. « Ca me rassure. J’ai des dates jusqu’en octobre 2010, je peux toutes les réciter, confie-t-il en riant. J’aime avoir un cadre organisé pour profiter du moment. » Pour son amie, ce qui frappe chez Luc est « sa générosité et sa gentillesse, le fait qu’il soit toujours tourné vers les autres ». Le musicien s’épanouit en effet dans le partage. Une carrière solo ? Très peu pour lui. « J’aime faire vivre la musique de manière collective. C’est l’enrichissement mutuel qui me permet d’avancer. »
upes, deux façettes pour un musicien atypique. Né en Belgique où il a vécu jusqu’à ses six ans, Luc a grandi dans l’émulation de la musique. Comme ses six frères et sœurs d’une famille recomposée, il a rapidement eu un instrument dans les mains : la guitare. Touche-à-tout, il s’est aussi essayé à la clarinette et au piano. Derrière sa réserve, ce qui peut s’apparenter à de la timidité se révèle davantage être une forme de sérénité, une confiance en soi dénuée d’égocentrisme. Discret, de caractère calme, l’homme est bien capable de coups de sang mais il n’est pas un artiste extravagant. Il s’évade dans la musique mais garde les pieds sur terre. Organisé, consciencieux, Luc aime son appartement bien rangé et son agenda correctement mis à jour. « Ca me rassure. J’ai des dates jusqu’en octobre 2010, je peux toutes les réciter, confie-t-il en riant. J’aime avoir un cadre organisé pour profiter du moment. » Pour son amie, ce qui frappe chez Luc est « sa générosité et sa gentillesse, le fait qu’il soit toujours tourné vers les autres ». Le musicien s’épanouit en effet dans le partage. Une carrière solo ? Très peu pour lui. « J’aime faire vivre la musique de manière collective. C’est l’enrichissement mutuel qui me permet d’avancer. »Sa conception de la musique est fidèle à sa conception de la vie : tournée vers les autres. Pour Luc, la musique est une somme d’expérimentations, un champ des possibles sans cesse repoussé et enrichi au grès des rencontres. Sa quête de « liberté et d’épanouissement » à travers la musique passe par un éternel apprentissage d’un art qui ne se tarit jamais. Depuis septembre, il a débuté une formation de trois ans, couronnée par un diplôme de musicien professionnel. Cours de perfectionnement technique, de solfège, ateliers rythmiques… « Même si c’est intéressant, ce n’est pas vraiment pour le côté école que j’y vais. » Il préfère retenir les « belles rencontres » de musiciens avec qui il a déjà envie « de faire des trucs ».

Rimbaud revisité
En attendant, Luc fourmille de projets. TSF, son groupe de ska-jazz, va accoucher pendant l’hiver de son premier album, provisoirement intitulé « Opus One ». Plus immédiat, Luc Debehogne sera le 8 et 9 janvier sur la scène du théâtre Jules Julien, dans une adaptation musicale des textes de Rimbaud. Un projet personnel aux allures de baptême du feu. « C’est un peu le projet de la maturité pour moi. Le but est de retracer la vie de Rimbaud en musique, de ses textes de jeunesse à ceux de sa vie d’adulte. Ce sont de très beaux poèmes, qui m’ont touché. » Comme pour les Ptits T’hommes, la musique a ici pour but de donner une résonnance nouvelle aux textes, qu’il espère jouer dans les collèges et les lycées. Pas étonnant qu’il ait choisi pour l’accompagner trois musiciens issus des Ptits T’hommes. « Comme j’y mets beaucoup de moi-même, j'ai besoin de personnes de confiance. Avoir confiance en eux m’aide à avoir confiance en moi. » Assurément une nouvelle étape dans la vie personnelle et musicale d’un musicien prometteur.




