Quelles étaient vos attentes pour le Sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague ?Je n’attendais rien du tout de ce sommet. S’ils [les participants au sommet] avaient établi des obligations, elles n’auraient pas été appliquées. Et, de toute manière, ça n’aurait résolu en rien le problème du réchauffement climatique. La vraie solution est de changer le système, sortir de la consommation de masse. Donc non, je n’ai pas été surpris par l’échec du sommet.
Mais alors, pourquoi faire 2500 km à vélo pour vous rendre à Copenhague ?
C’est vrai que cela peut paraître paradoxal mais pour moi, il était super important de montrer aux gouvernements qu’on est derrière eux, pour faire pression. C’était aussi une manière de montrer qu’on peut se déplacer loin autrement qu’en voiture.
Vous étiez dans la manifestation des militants écologistes. Vos impressions ?
L’ambiance était bonne. Il y avait environ 50.000 personnes mais, vu l’enjeu, je m’attendais à plus. Nous avons défilé de nuit, c’était assez marrant. Les policiers anti-émeute marchaient à côté de nous pendant la manif’. Qu’est ce qu’ils étaient grands ! Ils étaient plutôt cool ; on pouvait discuter avec eux. Je n’ai pas vu de débordements dans le cortège.
Etes-vous confiant pour le prochain sommet de l’ONU sur le climat qui aura lieu en fin d’année à Mexico ?
Je ne veux pas m’avancer, mais je ne vois pas pourquoi il y aurait des résultats positifs.
Vous savez, je me méfie des beaux discours comme ceux de Chavez [le président du Venezuela] ou du fameux « la maison brûle » de Chirac. En fait, tous les dirigeants sont tenus par des obligations économiques énormes. Regardez en Haute-Garonne : même si les écologistes arrivaient au pouvoir dans cette région, il n’y aurait pas beaucoup de changements, ne serait-ce que par la présence d’Airbus à Toulouse.
Concrètement, qu’est ce qui empêche de faire avancer les choses dans la lutte contre le réchauffement climatique ?
Dans notre société de consommation, on ne peut pas dire aux gens « vous allez gagner moins pour consommer moins et donc limiter le changement climatique ». Pourtant, on n’a pas idée à quel point les gens sont riches en France, comparé à la plupart des peuples du monde.
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2800 kilomètres à vélo en un mois
Toulouse-Copenhague à vélo représente un sacré défi. Pas trop dur ?
Disons que ce n’était pas pire que ce que je m’imaginais. Je m’attendais à plus d’eau, mais j’ai eu des problèmes d’étanchéité avec ma veste. En fait, j’ai mal calculé l’heure de coucher du soleil ce qui m’a obligé à faire 90 km en cinq heures par jour. Etiez-vous accompagné pour ce voyage ? La plupart du temps oui. Après avoir fait quelques étapes avec des amis, nous étions en groupe de trois de Paris jusqu’à Lille. Là, Alain, un monsieur de 65 ans nous a rejoint et nous avons fait la route jusqu’à Copenhague, chacun à son rythme. Le soir, nous dormions sous tente ou nous étions accueillis chez des membres du réseau warmshowers.org [l’équivalent de couchsurfing.org pour les cyclistes]. Après le Sommet, avez-vous fait le chemin du retour à vélo ? Jusqu’à Hambourg, oui. Mais il faisait trop froid. J’avais de la fièvre. Avec des nuits à moins 10°C, je n’arrivais pas à dormir. J’ai donc décidé de prendre le train. J’ai traversé la frontière hollandaise à vélo pour reprendre ensuite le train. J’ai fait la même chose en Belgique. Si j’avais eu un sac résistant jusqu’à moins 10 ou moins 15°C, j’aurais continué. Mais bon, ça commençait à être difficile. Au total, j’ai fait 2800 kilomètres. |





