Home Politique Cohen président de Tisseo, « une escroquerie politique » pour Coppey

Cohen président de Tisseo, « une escroquerie politique » pour Coppey

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Evincé de la présidence du syndicat de transports en commun Tisseo suite à la grève de décembre, le Vert Stéphane Coppey (élu à Balma et au Grand Toulouse) revient sur sa collaboration mouvementée avec le maire socialiste de Toulouse, Pierre Cohen. Celui-ci est de nouveau président de Tisseo depuis le 12 janvier.

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Le Vert Stéphane Coppey, ex-président de Tisseo parle d'un accord politique rompu avec les socialistes. (Photo D. R.)
Dans quelles conditions s'est déroulée votre éviction de la présidence? N'avez-vous pas été dépassé par la grève?
Ce n'était pas une surprise. Mon éviction a été votée le 21 décembre. J'avais été nommé président au titre d'un accord politique, conclu avant les municipales de mars 2008 entre socialistes, radicaux, communistes et verts: les socialistes acceptaient de partir en liste unique au premier tour en échange de huit élus Verts. Dès le lendemain de la victoire, Pierre Cohen a estimé qu'il avait payé un peu cher son élection. Or sans les Verts il n'aurait pas été élu maire. Il l’a été avec 1200 voix d'écart entre la liste de droite et de gauche. Donc ce serait plutôt à nous de dire qu'on les a trop aidés. L’éviction résulte d’une longue démarche, avec un encadrement très fort de ma présidence. Il a d'abord écarté un directeur général que j'avais choisi, ensuite il a agi sur le choix d'un deuxième. Il a critiqué certains projets, par exemple les pôles d'échange*.
Le vote s'est déroulé au sein du Grand Toulouse, appuyé sur le fait que huit élus avaient démissionné. Nous, les deux Verts, n'avions pas démissionné. Quand j'ai appelé deux autres collègues, le maire de Blagnac (radical) et le maire de St Orens (PCF), ils n'étaient pas au courant. Donc on a forcé des élus à démissionner, pour pouvoir mieux justifier le problème du conflit social (la grève avait duré huit jours à Tisseo, N.D.L.R.). Or le conflit avait été réglé le matin même. Il partait de revendications très anciennes et n'aurait peut-être pas éclaté si Pierre Cohen n'avait pas déstabilisé la présidence. Ou aurait été réglé cinq jours plus tôt s’il n'avait pas négocié avec les syndicats, quand il n'avait aucune légitimité pour le faire. Ensuite on dit "il y a une dérive des coûts". Or le problème de budget qu'on a eu en 2009 était lié à une promesse électorale : le tarif jeunes. Et si on veut un tramway à Blagnac fin 2010, donc il faut embaucher du personnel dès 2009. Qu'on ne vienne pas reprocher qu'il manque des milliers d'euros dans les caisses.

Comment réagissez-vous à l'élection de Pierre Cohen à la présidence de Tisseo?
C'est de l'escroquerie politique et intellectuelle. Politique car il a pris les voix des écologistes pour se faire élire et ensuite écarté avec le seul poste vraiment visible. Et intellectuelle, il s'appuie sur du mensonge. On fait croire qu'en changeant un homme les choses vont changer: "on va relancer les études sur le prolongement de la ligne B, tout le monde s'entend pour le mieux dans le meilleur des mondes". On sait que Pierre Cohen lui-même s'est opposé au prolongement du métro dès 2008. On se moque du monde. On met une baffe aux 22% de l'électorat toulousain d'Europe Ecologie.
Les consignes données le jour de sa prise de présidence à Tisseo le prouvent : réduire les dépenses, donc réduire les services. Il y a aussi un moratoire sur l’ensemble des projets pendant 6 mois, comme le projet de tramway jusqu’à l’aéroport. Par exemple le projet de tramway jusqu'à l'aéroport est bloqué pendant 6 mois. Il a aussi mis fin au mécénat culturel, où Tisseo était un vecteur des manifestations dans la ville. Il réduit enfin la place de Tisseo sur la place internationale: on était impliqué dans un réseau de villes volontaristes sur les transports en commun. Les crédits ont été diminués.

Cette élection ne pose-t-elle pas un problème démocratique?
Moralement, mais pas légalement. Cela ne rentre pas dans le cumul des mandats. Il est déjà président du CA des Hôpitaux de Toulouse et du cancéropôle. On sait très bien qu’il n’exercera pas les présidences. On est dans le mensonge permanent. Pour lui l'important n'est pas de réaliser des projets mais de s'afficher comme le maire omnipotent, la personnalité unique de référence sur un territoire. En revanche nous avons déposé un recours en contentieux auprès du tribunal administratif pour l’élection des dix représentants de Tisseo, le 21 décembre, au sein du Grand Toulouse. Le recours porte sur le fond : la démission forcée des élus et le conflit social, et sur la forme. Avant le vote nous n’avons pas eu de texte de délibération. Le vote devait être à bulletin secret : or on n’avait pas d’enveloppe et l’isoloir n’a pas été utilisé. Cela supposait toutes les pressions possibles. Enfin le dépouillement est contestable puisqu’il n’a pas associé toutes les forces politiques. Nous devrions connaître le résultat le 5 février. Si le tribunal nous donne raison il faudra qu'on retravaille ensemble. Sinon nous retrouverons notre autonomie de vote au sein du Grand Toulouse. Il ne faudra pas qu'il compte sur les voix des écologistes pour se refaire élire en 2014.

Cette cohabitation était-elle viable à terme? N'est-ce pas plus cohérent de le laisser prendre la présidence pour mener les projets à bien?
Je crois qu'on peut si on estime qu'on le fait pour le bien commun dans le cadre d'un accord politique. En politique on est pas là pour s'aimer, mais pour conclure un pacte et faire ce pour quoi on a été élu. Je ne faisais pas ça pour ou contre Pierre Cohen. On voit comment on peut améliorer les conditions de déplacement des gens. Si on n’y répond pas on discute, on essaie de trouver des solutions. On le fait avec les élus et la société civile.

D'autres alliances Verts-PS sont-elles encore envisageables, notamment aux élections régionales?
Cela pose des questions de crédibilité. Que pense Martin Malvy de l'attitude de M. Cohen? Auquel cas peut-on imaginer un accord entre le PS et Europe Ecologie au deuxième tour? Je ne peux pas vous répondre, cela dépendra du résultat du premier tour. Il est clair que notre électorat aura énormément de mal à comprendre une alliance. Personnellement je ne la comprendrais pas, mais je ne suis pas seul. Gérard Onesta s'est posé publiquement la question à Ramonville.


*Pôles d’échange: l’agglomération n’est plus unipolaire et comprend plusieurs nœuds, où se côtoient stations de métro, de covoiturage, arrêts de bus, etc.
 
Commentaires (3)
Rolande Cazeneuve
3 Mercredi, 27 Janvier 2010 15:11
L'Etat français est dans un mur et Sarko creuse toujours plus son déficit budgétaire. En face le PS, encore pour un temps principale formation de gauche, détient presque toutes les régions et les grandes villes."Sûr de lui et dominateur", ce parti de notables vieillissants, est incapable d'établir le moindre rapport de force salutaire avec l'Etat. On l'a bien vu sur le plan économique et social avec plusieurs conflits sociaux récents, notamment avec Molex. Son seul but est la conquête de l'Elysée et non la défense des intérêts des citoyens. Rien ne sera possible, rien ne changera pour le peuple si le PS conserve seul la présidence des régions. Il faut donc le neutraliser. Et pour cela, un seul moyen: le vote. Et pour le moment, une seule formation peut y parvenir: Europe Ecologie. N'oublions pas que le PS est minoritaire à Toulouse: avec seulement 17% aux dernières élections, contre 22% pour Europe Ecologie. Alors tout est possible. Il suffit de convaincre sa famille, ses amis, ses voisins...

Lafontan
2 Mercredi, 27 Janvier 2010 12:29
Europe Ecologie avec Gérard Onesta veut changer la gauche et a l'ambition de changer la société, or ce vieux parti qu'est le PS existe encore, il faut donc faire encore avec lui, mais rien ne sera plus comme avant car avec au minimum près de 15%, Europe Ecologie pesera vraiment sur la future politique du Conseil Régional et rien n'empêche les électeurs de d'envoyer Gérard Onesta à la Présidence du C Rég. il a été vice président du parlement européen il peut très bien diriger Midi Pyrénées.

Pino
1 Mardi, 26 Janvier 2010 21:58
Au délà des gesticulations orales de Gérard Onesta, de Régis Godec, et de Stéphane Coppey ex-président de Tisséo et dernière victime en date de la purge cohéniste, les Verts ont du mal à cacher leur soif de soupe électorale.

Martin Malvy, après avoir fait boire le bouillon à Brigitte Barèges, après avoir regardé le Modem se noyer dans sa traditionnelle soupe à la grimace, devrait généreusement accorder quelques louches de mandats régionaux à Europe-Ecologie au second tour.

Les précautions verbales des cocus du socialisme ont en effet du mal à ne pas trahir leur faim de mandats électifs !

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