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Saint Sernin, la place aux deux visages

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Tentures d’Afrique, tapis d’Orient ou fruits du Maroc. La place saint Sernin s’habille tous les dimanches matins d’un parfum de voyage autour de la basilique romane. Un marché aux heures de messes. Reportage.

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Tous les dimanches matins, Saint Sernin s'entoure du marché (D.R)


Dimanche matin. Tout autour de la basilique qui fait la fierté de la ville rose, les marchands sont installés derrière leurs stands depuis 6h. « Allez, allez, on liquide, venez voir les tissus !» Le bal des négociants autour de l’église s’ouvre par la rue Saint-Bernard. D’un accent ensoleillé, un commerçant interpelle chacune des passantes : «Madame ! Aujourd’hui c’est pas cher les chaussures!» Dans l’allée circulaire qui mène vers la rue du Taur, quelques jeunes hommes errent entre les emplacements. Dans le brouhaha général, l’un deux arrête discrètement une jeune fille. « Cigarettes ? Marlboro ? Phillip Morris ? Camel ? » Celle-ci décline l’invitation. Jusqu’à la rue de Taur, les passants semblent s’amuser à voyager entre les tentures jaunes et rouges et les sacs de cuirs africains, les tapis de soie multicolores et les bonnets jamaïcains. A majorité masculine, la ronde des vendeurs d’exotisme s’arrête net au niveau de l’entrée latérale de la basilique. Les cloches de Saint Sernin tintent. 11h30, la messe dominicale prend fin.

De l’Orient à l’Occident

Les portes de l’église s’ouvrent et laissent jaillir le son puissant d’un orgue en fête. Commencent à en sortir des cheveux blancs et des têtes blondes, des cannes et des poussettes. Cédric, 15 ans, entouré de ses petites sœurs en jupes-culottes et bérets bleus marine explique : « On doit servir la messe ici une fois par mois avec les scouts.» Dans les paysages colorés des « fruits et légumes du Maroc » ou des « bijoux en argent de Libye », les pieux catholiques du dimanche se remarquent. De ce coté-ci de la basilique, le commerce est moins animé : un marchand d’olives discute, un artiste est en train de peindre, un enfant est pris en photo devant le porche. Ni tumulte sur le parvis, ni vendeur de cigarette. En continuant après le parking qui borde Saint Sernin, les odeurs d’encens appellent pourtant les flâneurs à entrer dans la ronde des objets venus d’ailleurs. Ce dimanche matin, la place saint Sernin revêt deux visages. Celui de l’exotique et celui de l’ordinaire. Celui de l’Orient et celui de l’Occident. Mais un sentiment fait l’unanimité des acteurs de la place du marché: « Saint Sernin, c’est beau ! »
 

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