Kader Belarbi en répétition (Crédit: Grégory Batardon)
« Mon corps n’a pas compris »
Au fil de sa carrière, il comprend que la danse, c’est autre chose que d’enchaîner des pas. « Cela va bien au-delà d’un simple métier. C’est un mode de vie. » Il se donne alors les moyens d’atteindre les sommets et met les bouchées doubles. Le grand Rudolf Noureev lui décerne le titre suprême de danseur étoile en 1989, à l’issue d’une représentation de La Belle au Bois Dormant à l’Opéra Garnier. C’est la consécration. Il ajoute à son répertoire de danseur les plus grands noms. De Maurice Béjart à George Balanchine, il embrasse une carrière internationale.
En 2008, lorsqu’il raccroche les pointes à 46 ans, l’arrêt se veut brutal. « J’ai coupé pendant neuf mois. Après trente ans de surentraînement et de souffrance, mon corps n’a pas compris. C’était violent. » Kader ressent alors un vide et retrouve la scène essentiellement en tant que chorégraphe. Une reconversion naturelle. « Avec l’âge, la danse existe dans un autre corps, avec une autre maturité. » Peintre à ses heures perdues, le créateur qu’il est devenu voit les danseurs « comme des pinceaux qui dessinent sur la scène avec leur corps. » Les danseurs du Ballet du Capitole ne peuvent que se sublimer et lui offrir son plus beau tableau. Une bonne étoile veille sur eux.
"A nos Amours", la Halle les 16 et 17 février à 20 heures.





