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Kader Belarbi, une étoile avec le Ballet du Capitole

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Après avoir brillé pendant trente-trois ans au firmament de l’Opéra de Paris, l’étoile Kader Belarbi s’adonne avec succès à une nouvelle carrière de chorégraphe. Son dernier spectacle, "A nos amours" est à l'affiche de la Halle aux Grains cette semaine.

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Kader Belarbi en répétition (Crédit: Grégory Batardon)
Du Beethoven en fond sonore, des cosmétiques disposés devant un miroir ceinturé de rampes d’ampoules. A la Halle aux Grains, la loge de Kader Belarbi revêt son habit des grands soirs. Invité du Ballet du Capitole, il danse « La pavane du Maure » et signe la chorégraphie de « A nos amours ». Une œuvre qui décrypte les liens qui se nouent et se dénouent entre les êtres. « La danse est autant artistique qu’humaine. C’est une question de partage et d’échange. » L’histoire de sa vie, en somme. Mais rien ne prédisposait Kader Belarbi à une telle carrière. Né d’un père algérien musulman et d’une mère française catholique, il trouve sa propre religion : la danse. « A cinq ans, lorsque j’ai commencé, je devais être le seul garçon parmi trente filles. » Pourtant, lui qui était « footeux et cycliste » pensait plus à « déconner avec [ses] potes. » Alors, un peu par hasard, il intègre l’école de l’Opéra de Paris à 13 ans, l’âge limite. « Il s’en est fallu de peu pour que je ne sois pas là où j’en suis aujourd’hui. Au moins, j’ai vécu une enfance normale avant d’entrer dans ce que j’appelle la « caserne ». »

« Mon corps n’a pas compris »
Au fil de sa carrière, il comprend que la danse, c’est autre chose que d’enchaîner des pas. « Cela va bien au-delà d’un simple métier. C’est un mode de vie. » Il se donne alors les moyens d’atteindre les sommets et met les bouchées doubles. Le grand Rudolf Noureev lui décerne le titre suprême de danseur étoile en 1989, à l’issue d’une représentation de La Belle au Bois Dormant à l’Opéra Garnier. C’est la consécration. Il ajoute à son répertoire de danseur les plus grands noms. De Maurice Béjart à George Balanchine, il embrasse une carrière internationale.
En 2008, lorsqu’il raccroche les pointes à 46 ans, l’arrêt se veut brutal. « J’ai coupé pendant neuf mois. Après trente ans de surentraînement et de souffrance, mon corps n’a pas compris. C’était violent. » Kader ressent alors un vide et retrouve la scène essentiellement en tant que chorégraphe. Une reconversion naturelle. « Avec l’âge, la danse existe dans un autre corps, avec une autre maturité. » Peintre à ses heures perdues, le créateur qu’il est devenu voit les danseurs « comme des pinceaux qui dessinent sur la scène avec leur corps. » Les danseurs du Ballet du Capitole ne peuvent que se sublimer et lui offrir son plus beau tableau. Une bonne étoile veille sur eux.

"A nos Amours", la Halle les 16 et 17 février à 20 heures.
 

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