Les Moody Blue chantent pour l'association Trait d'Union (photo B.H)
« Est-ce que vous avez quelque chose à partager ce soir ? » Le soliste se détache de la chorale, le micro à la main. Le public est enthousiaste. Il répond à son appel. Sous les voûtes de briques rosées, l’église antique résonne aux claquements de doigts des 70 chanteurs. Entraînés, les spectateurs suivent le rythme. Si les "Moody Blue" swinguent aujourd’hui, c’est pour une bonne cause. La moitié des recettes de la soirée est destinée à Trait d’Union. « On avait envie d’offrir un repas de fête aux plus démunis », explique Martine Hébrard, la directrice. L’association offre une aide à domicile aux personnes âgées et aux handicapés : travaux ménagers, aide aux repas, écoute, soutien scolaire… Plusieurs membres ont d’ailleurs été invités au concert.
« Chantez, maintenant ! »
Les choristes invitent le public à chanter avec eux (photo S.W)
En bas des gradins, les robes satinées s’agitent, les choristes se balancent. Les voix des sopranes et des altos se mêlent à celles des ténors et des basses. L’ensemble, tout de pourpre vêtu, suit les mouvements vifs et enflammés de Gérard Munoz. Le chef de chœur martèle du poing le rythme, intime l’ordre d’un crescendo, d’une pause. Face à lui, les pupitres enchaînent Kumbaya apaisé, When we all allègre et Banana boat song endiablé.
C’est la première fois depuis leur création en 1994 que l’association organise ce genre d’initiative. Et le succès est au rendez-vous. Martine Hébrard s’en réjouit. « De plus en plus de personnes âgées vivent avec moins de 600 € par mois, dénonce-t-elle. La misère financière engendre ensuite la solitude. » C’est pour cela que se bat Trait d’Union. Elle accompagne pas moins de 700 usagers sur Toulouse et la périphérie proche.
Rappelé par le public, Gérard Munoz prévient la foule : « Vous allez chanter maintenant ! » Complices, les choristes entament leur dernière mélodie en brandissant sur des pancartes les paroles du refrain. Le public ne se fait pas prier et chante sans hésiter. Pour un court instant, ce sont deux chœurs qui se répondent et finissent par ne former plus qu’une seule voix. « C’est une expérience que l’on renouvellera » conclut Martine Hébrard, satisfaite.
Dans les coulisses et sur le parvis, les voix continuent à fredonner les airs polyphoniques.
Blandine Hugonnet
Sophie Wahl
Sophie Wahl




