Alexandre Gelebart, troisième à partir de la gauche, s’est mis en grève pour faire respecter ses droits. (Photo Adrien Duquesnel)
« Depuis 2006, on travaille en tiers temps, puisqu’on se répartit les jours de travail », explique Alexandre.
Le quotidien a décidé de ne conserver qu’un seul poste à Toulouse. Il sera contractualisé par un CDI, les autres seront licenciés. Une situation incompréhensible pour eux. « Notre employeur essaie de nous diviser, analyse Adrien. Nous pouvons postuler à la création d’un poste à temps plein. Nous refusons car cela signifierait que nous ne sommes pas salariés. Or, nous avons reçu cette année une prime d’intéressement », alors qu’elle est réservée aux seuls salariés.
Une situation à clarifier
« Nous n’avons pas de contrat, mais nous avons des feuilles de salaire sous la convention collective des journalistes », dénonce Adrien. Une pratique également en désaccord avec le code du travail. Les textes de la convention stipulent que, lorsqu’un pigiste travaille plus de trois mois d’affilée pour une entreprise et qu’il peut justifier de fiches de salaire, il lui est reconnu, de fait, la détention d’un contrat de travail (loi Cressard de 1974). « Il existe un lien de subordination entre nous et le journal puisque c’est la rédaction qui nous commande des reportages ou photographies. En temps normal, un pigiste propose ses photos », poursuit-il.
Les deux photographes ne s’opposent pas à la réorganisation de l’entreprise. Ils espèrent seulement obtenir un contrat à durée indéterminée qui permettrait l’application de leurs droits lors du licenciement et le règlement des arriérés de salaires et des primes. Pour le moment, la direction de 20 Minutes s’est gardée de tout commentaire. « Nous sommes prêts à aller aux prud’hommes pour faire reconnaître nos droits, que la direction a négligés », concluent les deux photographes. Peut-être de quoi faire sortir le journal de son silence.





