Les engins de chantier commencent à encombrer la rue d’Alsace-Lorraine. (Photo Romain Leroux)
Les Toulousains vont devoir s’habituer à circuler sur des trottoirs plus étroits bordés de barrières de chantier. La pelleteuse face au magasin Virgin a déjà transformé les bancs de couleur proches du square Charles-de-Gaulle en tas de gravas. Exit aussi les jardinières et les panneaux publicitaires. Il s’agit de « récupérer cet espace public qui est précieux », précise Jean-Charles Valadier, adjoint au maire en charge de l’aménagement urbain de l'espace public. Durant les travaux, les riverains et les véhicules de livraison pourront encore circuler, seule la navette électrique sera déviée.
Repenser l’aménagement de la rue
Le futur visage de la rue d'Alsace-Lorraine repose sur plusieurs idées. La mise en place d’un plateau piéton de 15 mètres pour éviter les conflits entre les cyclistes et les voitures. « Ça permettra de lutter contre la convivialité qui se perd », précise l’adjoint au maire. Un espace paysager qui sera repensé, des arbres vont être plantés le long de la rue pour éviter les jardinières. Le square Charles-De-Gaulle aura également droit à un rajeunissement. Reste le problème des livraisons. Un côté de la rue pourrait y être consacré. Cependant, son futur visage n’est pas figé. M.Valadier l’affirme, « la mairie et le cabinet d’architecture continuent à travailler, il reste des détails à définir. »
|
«Un gaspillage de temps et d'argent»
La polémique a enflé entre la mairie socialiste et l'ancien maire de la Ville rose.Jean-Luc Moudenc, ancien maire de Toulouse (mai 2004-mars 2008), approuve « un projet qui pérennise l'aménagement provisoire que j'avais mis en place en 2007 ». Cependant, il dénonce l'abandon par la nouvelle municipalité de la procédure qu'il avait lancée. Cette dernière a mis fin à l'appel d'offres qui avait abouti à la présélection de trois cabinets d'architecture. Coût de l'opération: 240 000 euros. Jean-Charles Valadier (Verts), adjoint au maire à l'aménagement urbain de l'espace public, s'en explique : « Le projet de l'ancien maire ne concernait pas particulièrement la rue d'Alsace-Lorraine. Et les travaux des architectes ne sont pas perdus, ils ont été joints à la réflexion sur l'aménagement des espaces publics. » Faux pour l'ancien maire. Autre point d'accroche, les trois phases du chantier. Jean-Luc Moudenc estime qu'il « fallait le réaliser en une fois.» La mairie souligne que cela permet de limiter les désagréments dont pourraient pâtir les commerçants. La tension pourrait s'apaiser avec le début des travaux. Wilfried Pinson
|
|
Les commerçants contre le marteau-piqueur
Les critiques fusent parmi les commerçants de la rue Alsace-Lorraine. « Déglinguée », « pas pratique ». Les commerçants sont unanimes pour décrire la rue Alsace-Lorraine. Première inquiétude, la baisse du chiffre d’affaires causée par les travaux. « Une cliente a quitté le magasin car le bruit du marteau-piqueur la dérangeait », déplore Jean-Baptiste Savry, responsable adjoint du magasin de prêt-à-porter "Devred". « Mes ventes étaient plus importantes avant les travaux de 2007, explique Laurence Guilhem, responsable de l’enseigne "Expression montres". Maintenant, les gens ne voient plus les vitrines et passent leur chemin. Il y a eu des travaux provisoires en 2007. Pourquoi ?» s’interroge-t-elle. « Ils n’ont même pas mis les trottoirs au niveau des entrées de nos magasins, s’insurge Marie-Noëlle Joubert, vendeuse chez "Paul Brial", enseigne de vêtements pour femmes. Les personnes handicapées ont des difficultés à entrer. » L’arrêt des travaux est prévu pour fin 2012. Romain Leroux
|




