Depuis le mois d’octobre, la salle du Sénéchal offre à un artiste toulousain une scène libre, simple et conviviale.
Mélinée profite de la Pause musicale pour faire découvrir ses chansons (photo Manon Bricaire)
C'est au 17 rue Rémusat. "La Pause musicale, concert gratuit, tous les jeudis à 12h30". Les affiches invitent les curieux à passer les deux grandes portes ouvertes. Au fond de la cour, en haut d’un escalier, une salle déjà sombre attend son artiste. A l’entrée de cet amphithéâtre un jeune-homme s’extasie «
oh ! c’est plein !» Alors qu’un violoncelle couché sur le flanc et qu’un accordéon assis sur un tabouret attendent sur scène leurs virtuoses, un homme en rouge annonce des dates d’autres représentations. Cette fois-ci, les murs de brique de la salle laissent place à la chanson française. Un jeune duo violoncelliste-accordéon. Pas de portes fermées, pas de tickets poinçonnés, pas de numéro de place, ici le public rentre et sort pendant toute la représentation. De son haut tabouret, Mélinée la chanteuse anime, à l’aise, la "Pause" de midi trente. Le public est venu en petits groupes, un couple de retraités, trois copines. Un nourrisson est même à l’écoute des anecdotes de la chanteuse. A l’image de Mélinée dans son haut rouge et de Maxime Dupuis son violoncelliste en jean, la "Pause musicale" reste simple. Pas de chichis ni de grandes politesses, le duo prend place avec naturel au milieu du halo lumineux de la scène. Plutôt discret, le public reste attentif. Les pics d’humour font réagir certains, d’autres chantonnent les mélodies. «
Ca va, vous êtes pas trop enrhumé avec l’hiver ?» lance l’accordéoniste bouclée avant d’entonner sa chanson suivante. Dans une atmosphère folklorique allouée par l’accordéon, toutes générations et tous styles se retrouvent dans la salle rue Rémusat.
Premiers fansIl est déjà 13h35. «
Normalement on peut pas dépasser une heure, mais est-ce que vous voulez une autre chanson ?» interroge la brune Mélinée au public. Convivialité oblige, le public se laisse tenter par un rappel, tant pis pour le retard. A peine les derniers pizzicati joués, les lumières sont allumées et le public pressé. Violaine, 24 ans, vient pour la première fois. «
Je suis pas de Toulouse mais je voulais entendre les chansons de Mélinée.» Une dizaine de personne s’affairent déjà devant le duo qui s’assoit sur la scène. Tout en trifouillant quelques billets en vendant ses CD, l’artiste disponible est flattée de dédicacer les exemplaires de ses premiers fans. «
Avec Mélinée, c’est notre premier concert en fait !» avoue Maxime. Maxime n’est pas trop au courant du fonctionnement de "la Pause musicale". «
Je crois qu’on est payé» suppose-t-il. Mélinée, entourée d’amis, s’amuse «
en fait j’ai pas été contacté, c’est mon conseiller ANPE qui m’a dit de me proposer à la "pause musicale" !» Tous les jeudis, très simplement, le public vient, les artistes jouent, la musique marque la pause.