Une réforme de la garde à vue est prévue pour cet été.
Impossible aussi d'assister à l'interrogatoire. Sans avocat à ses côtés, maître Tricoire craint que le suspect « subisse des pressions ». Il évoque des personnes déshabillées, des locaux insalubres. « Une garde à vue, c'est une humiliation ».
« Un frein à l'enquête »
Des accusations que rejette Luc Escosa, secrétaire du syndicat de policiers Alliance Police nationale. « On entend de tout, mais ce sont des rumeurs, c'est n'importe quoi. Les policiers, il faut les laisser travailler tranquilles. » Toutefois, il reconnaît que « la privation de liberté doit être faite avec parcimonie. »
Réformer la garde à vue? Très peu pour lui. « Ce serait un frein à l'enquête, des bâtons dans les roues des policiers ! » L'avocat n'assiste pas à l'interrogatoire? C'est pour éviter qu'il « communique avec les complices du client », ruinant le travail des enquêteurs. « Vous savez, il n'y a pas que des gens honnêtes, chez les avocats ! »
Luc Escosa reconnaît que « tout n'est pas parfait. Les policiers font trop de paperasse. Si on simplifiait la procédure, ce serait moins long. » Et ajoute : « on ne fait pas ça pour le plaisir, vous savez. Parfois, il y a de la pression, car la garde à vue fait partie de l'indice des activités de la police. » Néanmoins, « les collègues ont leur libre arbitre, on ne leur met pas de baïonnette dans le dos ».
Une réforme pour l'été
La situation s'améliorera-t-elle après la réforme du code de procédure pénale? Michèle Alliot-Marie, la garde des Sceaux, annonçait mardi 9 février au Sénat que ce projet devrait réserver la garde à vue aux « crimes et délits punis de peines d'emprisonnement ». Et s'opposerait aux condamnations prononcées « sur le seul fondement de déclarations faites hors l'assistance d'un avocat ». Ce dernier pourra assister à l'interrogatoire si les auditions se prolongent au delà de 24 heures. La garde des Sceaux prévoit la réforme, pour « cet été au plus tard ».





