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Dans le cinéma de Maggie Cheung

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Invitée par la cinémathèque à l'occasion du festival Zoom Arrière, l'actrice Maggie Cheung était à Toulouse ce week-end. Entre une séance photo et une projection, elle nous a accordé une interview.

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La cinémathèque de Toulouse a accueilli Maggie Cheung (photo Louise Auvitu)
Désinvolte et élégante, sa stature est celle des plus grandes légendes du septième art. Pourtant, peu d'actrices ont son audace, son rock and roll. Pas de meilleure icône possible pour un événement consacré aux stars du cinéma.
A 45 ans, elle a exploré à peu près tous les aspects du cinéma. D'origine hongkongaise, elle a débuté dans les films de kung-fu, dont « Police story » de Jackie Chan. Elle devient ensuite l'égérie de Wong-Kar-Waï dans « Tears as go by » et dans le célèbre « In the mood for love ». Dans les années 90, elle tourne plusieurs films en France, dont « Augustin roi du kung-fu » d'Anne Fontaine. Avec Olivier Assayas, elle obtient la consécration: le prix d'interprétation féminine à Cannes pour son rôle dans « Clean » en 2004.
Elle tourne très peu depuis. Partagée entre la Chine, les Etats-Unis et l'Europe, elle porte un regard inédit et riche sur le cinéma mondial.

Pourquoi avez-vous accepté de venir à Toulouse pour le festival Zoom Arrière ?
Je suis très curieuse en général et n’avais jamais été invitée à Toulouse auparavant. Il arrive souvent que j’ai des opportunités de voyager grâce à mon travail. J'ai pour habitude d’aller en priorité dans des endroits que je ne connais pas. En tant qu’acteur, on est souvent sollicité pour ce genre de festivals. Pour des raisons d’agenda, on ne peut pas participer à tout. La lettre d’invitation de Natacha Laurent (la directrice de la cinémathèque, NDLR) m’a beaucoup touchée. Je pense que c’est sa sincérité qui m’a convaincue.

Hier, vous sembliez surprise par l’accueil que vous avait réservé la communauté chinoise … (samedi, lors de la soirée « Métiers de cinéma », un large public chinois était venu féliciter et applaudir l'actrice, adulée en Chine)
Un peu car je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de jeunes filles. C’est elles qui ont mis l’ambiance finalement ! Je savais qu’il y avait beaucoup d’étudiants chinois à Toulouse mais je ne savais pas que la communauté chinoise était si importante.

Vous dites vouloir faire une pause avec les tournages ?
Je ne me dis pas que je ne veux pas faire de film. Je ne résisterai pas à une bonne proposition, c’est comme une addiction. Mais c’est le projet qui m’emportera et non pas mon envie de faire un film. S’il n’y a rien de spécial, je veux prendre du temps pour moi.

Vous sentez vous proche du personnage d’Emily (une ancienne chanteuse de rock, qui reprend goût à la vie), que vous interprétez dans le film « Clean » ?
Pour Emily, je n’ai pas inventé de personnage. Je l’ai juste jouée, elle. J’ai fait ce qui était écrit dans le papier, je me suis mise dans sa peau et je suis entrée dans sa vie. Il y a en Emily, des ombres et des éléments de moi, mais son histoire est différente de la mienne.

Vous qui avez travaillé avec des réalisateurs français et hongkongais, qu'est-ce qui différencie ces deux cinémas?
Le cinéma hongkongais est plus basé sur des valeurs commerciales. Quand les producteurs et réalisateurs veulent faire un film, ils pensent plus au résultat, au chiffre qu’ils vont faire. En France, l’objectif premier est avant tout l’art. C’est le film et pas combien il va rapporter. Bien sûr que les producteurs s’inquiètent des questions d’argent, mais pas en premier lieu. Ensuite, en France, les réalisateurs, et surtout les plus jeunes font des films personnels. A Hong-Kong, ils ne diront pas que c’est leur histoire. Il y aura des éléments à eux, mais moins personnels.

A cause du gouvernement et de la censure en Chine, est-il plus dur de tourner des films dans ce pays ?
C’est arrivé plusieurs fois à des réalisateurs locaux que leurs films soient montrés partout sauf en Chine, comme Lou Ye. Il faisait des films plus sensibles sur le sexe ou la politique et il a eu beaucoup de mal pour les montrer en Chine. D’habitude il faut adapter le film ou couper les scènes de sexe, de nudité, sur des questions politiques. Soit vous acceptez soit vous abandonnez l’idée qu’il soit montré dans votre propre pays, ce qui est très triste je trouve. Mais ils essayent de plus en plus de les montrer en Chine car le pays comprend qu’il y a un très gros marché à exploiter.

  Propos recueillis par Anaïs GERBAUD et Manon BRICAIRE
 

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