Dans un livre entretien, Frère Alain Richard témoigne. Ce Franciscain est l’inspirateur du Cercle du Silence à Toulouse : une manifestation silencieuse afin de sensibiliser l’opinion sur le sort des sans-papiers.
Frère Alain, l'inspirateur du Cercle du silence.
(Photo H-O. D.)
(Photo H-O. D.)
Interrogé par Christophe Henning, journaliste au mensuel Panorama, Frère Alain confesse toute une vie au service des plus démunis. Bien sûr, le Franciscain ne peut pas faire abstraction de son récent engagement auprès des sans-papiers. Tous les derniers mardis du mois, depuis octobre 2007, la communauté franciscaine organise une manifestation silencieuse. Les franciscains se réunissent sur la place du Capitole. « Nous ne voulions pas intervenir sur le dossier global des sans-papiers, mais pointer du doigt l’enfermement de sans-papiers dans le centre de Cornebarrieu, à quelques kilomètres du Capitole », écrit-il. Avec cette manifestation dans le silence, le franciscain souhaite alerter l’opinion sur les conditions de détention dans les centres de rétention administrative.
Une aventure franciscaine
Frère Alain livre aussi les motivations qui l’ont conduit chez les franciscains à l’âge de 23 ans. Diplômé de l’Institut national agronomique de Paris, il demande à être admis dans l’Ordre de Saint François d’Assise : « J’étais saisi par la grande liberté de saint François et sa joie ». Puis il poursuit : « Il y a une dimension missionnaire dans l’Ordre franciscain, et mon souci des pays moins développés pouvait s’y exprimer ».
Cette volonté d’être au service des plus pauvres se concrétise. En 1973, il quitte la France pour rejoindre une communauté franciscaine dans les quartiers populaires de Chicago. Pendant six ans, Frère Alain travaille comme "day laborer", c'est-à-dire comme journalier, dans les entreprises métallurgiques. Il y gagne un salaire de misère et fréquente le cœur du prolétariat américain. « C’est au milieu de ce petit peuple des rejetés que je pouvais m’émerveiller de la compassion de Dieu pour tous les êtres humains ». Mais le religieux raconte aussi ses expériences au Guatemala au temps des dictatures.
« Une vie dans le refus de la violence ». Le titre du livre est bien choisi, tant le Frère Alain Richard s’est battu et se bat encore avec comme seule « arme », la non violence.
Plus d'informations sur le Cercle du Silence toulousain: Un cercle pour la conscience, un article d'Enrique Moreira.
Une vie dans le refus de la violence
Edition Albin Michel
Entretiens avec Christophe Henning
Prix : 18 euros
266 pages





